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Culture / Culture

“Le système politique algérien, formation et évolution”, de Badr’Eddine Mili

Causes et conséquences des luttes historiques depuis l’indépendance

© D. R.

Le  FLN  connut,  au  lendemain  de  sa création  en  1954,  “ une  évolution  ascendante  illustrée,  écrit  l’auteur,  par  une  parfaite  osmose entre les révolutionnaires politiques et militaires”. La lune de miel s’arrête vers la fin des années 1950, et l’ALN, auquel le FLN avait dessaisi une partie de ses prérogatives, “étale ses prétentions politiques”. 

Les conflits entre les cercles dirigeants voient le jour juste après l’indépendance et les tensions amorcent une lutte pour le pouvoir impitoyable. Le FLN connut, au lendemain de sa création en 1954, “une évolution ascendante illustrée, écrit l’auteur, par une parfaite osmose entre les révolutionnaires politiques et militaires, solidement unis dans ce que l’on appelait le ‘nidham’, l’Organisation”. 

La lune de miel s’arrête vers la fin des années 1950, et l’ALN, à laquelle le FLN avait dessaisi une partie de ses prérogatives, “étale, à partir de 1960, ses prétentions politiques hégémoniques”. L’une des conséquences des affrontements sera la marginalisation des politiques qui perdaient leur pouvoir de décision de manière significative.

Annonciatrices d’une crise à venir et de l’instauration d’un nouvel ordre en marche, les tensions entre les deux pôles de la Révolution ne sont que le prélude d’une longue guerre au cœur du pouvoir algérien. Mais la ligne de démarcation entre les uns et les autres pouvait changer au gré des rivalités du moment. Mili cite en exemple le GPRA et l’OS.

“Il en fut  ainsi  de  Krim  Belkacem, d’Abdelhafid Boussouf et de Lakhdar Bentobbal, qui, après  leur  victoire  sur  Abane Ramdane – en l’éliminant physiquement – devinrent, au grand désappointement du président Ferhat Abbas, les véritables chefs du GPRA.”

Le groupe des  22  et  les  chefs  de  l’OS  subiront  la  même  mésaventure, poursuit-il : “Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed et, en 1965, Ben Bella, et de leur côté les chefs de wilaya Bounbnider et Khatib”.

Les relations entre le FLN et l’Armée de libération nationale (ALN) sont à leur tour décortiquées sur une période de plus de 60 ans, jusqu’à l’avènement du Hirak en 2019. Il  scinde  ces  rapports  en  deux phases  cruciales  que  sont l’émergence d’un “gouvernement de l’État par le Parti” et celui du “gouvernement du Parti par l’État”. 

Le premier, écrit l’auteur, “n’avait rien à voir avec un choix circonstanciel ; il découlait de l’option du parti unique entériné par le Congrès de Tripoli qui avait reconduit (…) l’orientation orthodoxe de la Révolution”.

“En prenant de facto le contrôle du pays en lieu et place du GPRA, poursuit Mili, ce FLN-là, détenteur d’un pouvoir délégué par les militaires (…) commença à se défaire de Mohamed Boudiaf et de Hocine Aït Ahmed, qui contestaient la légitimité de sa direction.”

Et les conséquences de ce “réajustement militaire vont oblitérer, d’un coup, tout ce qui avait été laborieusement entrepris en trois ans pour faire monter les premières structures de l’État”.

Au dernier chapitre de son ouvrage, il revient également sur “le retour gagnant” du FLN, sa réhabilitation après 1998, jusqu’à l’entrée en scène de Bouteflika en son sérail.

L’enjeu principal du président déchu fut d’“entamer, mieux armé, une longue guerre d’usure contre l’institution militaire”, mais une seule chose lui manqua, “une bonne connaissance de la psychologie des hommes qui l’entouraient”.

Et, poursuit-il, “à défaut d’avoir fait montre de cette qualité, Bouteflika vit s’écrouler à ses pieds le laborieux échafaudage qu’il crut avoir réussi à monter” en voyant son ministre d’hier devenir son principal adversaire à la présidentielle de 2004.

La descente aux enfers du clan du président a également eu pour cause, rappelle l’auteur, la gestion “inconstitutionnelle par le cabinet parallèle sur lequel régnait Saïd Bouteflika”.

La  chute  de  Saïdani  et  le  parachutage  d’Ould Abbes  furent les derniers subterfuges d’un clan prêt à tout pour se maintenir. Et à l’auteur de revenir sur la révolution du 22 Février qui emporta Abdelaziz Bouteflika et l’idéologie du parti sous sa présidence, qui aura perdu “son identité, ses racines populaires, en devenant une annexe des principaux centres de corruption”. 
 

Yasmine AZZOUZ


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