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A la une / Culture

Générale de “Trois jours avant… l’heure” de Slimane Benaïssa

Ce qui se passe dans la tête d’un kamikaze

Le dramaturge Slimane Benaïssa. ©D. R.

L’attentat n’aura pas lieu. “Trois jours avant… l’heure” raconte les préparatifs matériels et religieux de deux kamikazes prêts à se désintégrer, eux et leurs engins de la mort.

De parents marocains, Tahar, ingénieur natif de Bruxelles, revient au “droit chemin” après avoir fait ses 400 coups. Avec son copain Merouane, un converti à l’islam et élevé dans une porcherie de ses grands-parents, ils sont recrutés comme candidats au djihad au nom d’Allah. Des kamikazes prêts à aller au “front”.
Dans un premier temps, on leur a promis d’être envoyés en Syrie, une destination qui enthousiasme particulièrement Tahar. Rapidement, changement de cap : l’imam leur annonce une “affectation” pour perpétrer un attentat dans la capitale belge. Devant un décor dépouillé, Merouane se pose trop de questions.
Tout cela ne semble pas net pour lui ; il veut comprendre. Tout comprendre. “L’essentiel, ce n’est pas de comprendre, c’est de croire”, lui explique Tahar comme pour l’intimider. “Vous êtes faits pour être les martyrs de Dieu”, tranche pour sa part l’imam qui a chargé un artificier de fabriquer les bombes et le dispositif nécessaire pour semer mort et désolation dans les rues de Bruxelles. Pour sa mission, l’artificier, sans conviction religieuse apparente, est payé rubis sur l’ongle par l’imam. Mais, Merounae ne lâche pas prise, il persiste dans ses questionnements. Il doute, il interroge.
Et ce sont ces questionnements, dont certains ont un soubassement philosophique, qui ont amené Tahar, pourtant prêt à mourir pour la cause à enfin douter. Quand ils sont partis avec leurs “équipements” commettre l’attentat terroriste en ville, un jour de week-end, Tahar change subitement d’avis et se livre à la police. L’attentat n’aura pas lieu. Trois jours avant… l’heure raconte les préparatifs matériels et religieux de deux kamikazes prêts à se désintégrer, eux et leurs engins de la mort. La générale de cette nouvelle pièce théâtrale de Slimane Benaïssa, qui a campé le rôle de l’imam, a été présentée mercredi à Montréal en co-diffusion avec SN Production dans le cadre du Festival du monde arabe (FMA). Jouée en français, Trois jours avant… l’heure soulève la question des motivations et du déterminisme apparent des kamikazes. Elle apostrophe les consciences sur le lien dialectique entre le religieux et l’idéologique. C’est une œuvre qui soulève la problématique de la radicalisation des jeunes, proies faciles de la nébuleuse islamo-terroriste. Les comédiens ont évolué sur une scène au décor simpliste. Leurs répliques et leur jeu de scène ont réussi à capter l’attention du public qui a suivi l’intrigue jusqu’à son dénouement final.   

Y. A.


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