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Culture / Culture

ZOUHIR BALLALOU, DIRECTEUR DU PROGRAMME D’APPUI A LA PROTECTION ET VALORISATION DU PATRIMOINE CULTUREL EN ALGERIE

«C’est la plus grande convention entre l’UE et un pays de la rive sud»

Zouhir Ballalou ©Louiza Ammi-archive

En 2012, une convention a été signée, entre le ministère de la culture et l’Union Européenne en Algérie, autour du programme d’appui à la protection et valorisation du patrimoine culturel en Algérie. Ce programme, porte sur de nombreux projets pilotes, notamment celui du réaménagement du tombeau d’Imadghassen à Batna. Dans cet entretien, le directeur du programme revient sur les grands axes de ce projet qui devrait s’achever vers la fin 2018.

Liberté : En tant que directeur du programme d’appui à la protection et valorisation du patrimoine culturel, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste réellement ce projet ?
Zouhir Ballalou :
Cette coopération a été établie entre le ministère de la culture et l’union européenne en 2012. C’est un programme bilatéral avec l’union européenne porté par le ministère de la culture, qui a été conçu et dessiné par des experts algériens. Ce travail a commencé il y a 8 à 9 ans, ensuite nous avons exprimé le besoin d’un appui pour la valorisation du patrimoine culturel, et ce programme s’inscrit parfaitement dans la mise-en-œuvre d’un schéma de l’aménagement du territoire pour l’horizon 2030. Ce programme dont la mise-en-œuvre effective a démarré en 2014,  comporte deux projets pilotes. Nous avons choisi deux sites : le 1er sera porté sur la Casbah d’Alger, il vise la restauration de deux bastions de l’époque Ottomane. Le 2ème est de travailler sur un site archéologique, nous avons opté pour le tombeau d’Imadghassen à Batna. Parmi, nos objectifs l’implication de tous les secteurs concernés à travers un comité intersectoriel, notamment celui du tourisme, l’environnement, l’agriculture, l’habitat, l’hydraulique, travaux publics et des transports. Pour ce genre d’entreprise, il faut l’implication de tout le monde, par exemple la participation du secteur du tourisme à Batna, sera dans le but d’encourager les gens à construire des gites touristiques. Le secteur de l’environnement aussi était là, afin de sensibiliser les citoyens à la protection de l’environnement et d’éviter la construction de bâtisses dans les alentours du site. Le ministère de la formation professionnelle fait aussi parti du comité pour former les jeunes sur la maitrise du métier du patrimoine. Nous avons commencé des fouilles à Imadghassen, montés et suivis entièrement par des experts algériens (archéologues, architectes, étudiants, instituts de recherches de Batna). Nous allons créer des synergies autour du patrimoine et faire des choses utiles au lieu que chacun travaille dans son coin. C’est un projet très important, complexe et ambitieux. Pour ce programme, nous avons retenu 12 wilayas pilotes, avec lesquelles nous allons organiser beaucoup d’activités, nous allons recruter des experts qui seront mis à la disposition des maisons de la culture de ces villes, pour une durée d’une année et demie à  deux ans. Ce sera réalisé pour ce mois-ci. Aussi, à travers ce programme, nous nous occuperons de tous les volets relatifs au patrimoine en matière de conservation, valorisation et formation. Pour le secteur de l’immobilier, nous travaillerons sur les maisons traditionnelles, le patrimoine mobilier des musées. Pour le patrimoine immatériel, nous travaillerons avec des centres spécialisés. Il y a aussi un volet dédié au patrimoine audiovisuel, il y a des films qui sont en état de dégradation et en très mauvaise état de conservation. Nous interviendrons d’abord pour la formation du personnel de la cinémathèque qui possède un fond audiovisuel très important. Aussi, celui de la bibliothèque nationale qui possède un fond visuel et photographique. Bien sur nous avons fait appel aux experts algériens et étrangers.

Ce projet de 24 millions d’euros, a été cofinancé à hauteur de 21,5 millions d’euros par l’Union Européenne. L’Algérie n’a finalement que peu participé financièrement…
L’enveloppe octroyée pour ce programme est de 24 millions d’euros, dont 21,5 de l’UE et 2.5 de l’Algérie. Nous avons un patrimoine inestimable, l’Algérie a de l’argent pour s’occuper de tout cela, mais ce programme rentre dans la coopération du bon voisinage avec l’UE. Ils ont des budgets avec les pays avec lesquels ils ont des coopérations sur des projets sociaux, culturels…Nous avons eu la chance d’avoir la plus grande convention entre l’UE et un pays de la rive sud sur le patrimoine culturel. Et pour la 1ère fois, il y a un projet bilatéral sur le patrimoine. C’est un projet pilote, si c’est une réussite, il sera étalé à d’autres pays. Ce montant exprime la grandeur et la complexité du programme, il touche au patrimoine mobilier et immobilier, matériel et immatériel, à la formation, à l’aspect de la communication, il y aura même des formations aux journalistes. A travers ce partenariat, il y a certainement un aspect de transfert de compétences, il y a des choses qu’on ne maitrise pas, et beaucoup de choses dans lesquels nous sommes dans une situation de partage avec les européens.

Vous avez évoqué la participation du ministère de la formation professionnelle pour la formation des jeunes aux métiers du patrimoine. Qu’en est-il concrètement ?
Dans notre programme nous voulons appuyer le secteur de la formation professionnelle, pour former les formateurs sur le patrimoine culturel. Cette année nous avons crée une filière au centre de formation professionnelle de Timgad, autour des questions culturelles. Nous n’avons pas la main d’œuvres et nous l’importons pour la restauration. Nous avons une composante  du programme très performante qui est celle de former les formateurs au niveau des centres de formation professionnelle autour de ces métiers. Le ministère concerné, nous a proposé une liste de formateurs au niveau des wilayas. Nous travaillons avec un consortium   international (l’école nationale des musées, l’école d’Avignon,….), nous allons ciblés les meilleurs pour les ramener former nos jeunes. Nous ferons également appel aux compétences nationales, nous avons des architectes qualifiés, des maitres-maçon… Nous allons les mettre en synergie pour former ces jeunes. Nous allons booster les métiers liés au patrimoine. Nous allons former pas moins de 1000 personnes, d’ailleurs, nous commencerons au mois de février. Nous avons travaillé avec tous les musées nationaux pour avoir leur réseau pour les formations. Nous avons aussi travaillé avec les bureaux d’études sur le projet de restauration, et former également ces derniers sur la gestion du bien patrimonial. Notre objectif n’est pas le programme lui-même, mais  le résultat. Le patrimoine n’est pas une usine de voiture, mais un secteur qui commence à donner ses fruits à moyen terme. Il ne faut pas être pressé.

Il y a de nombreuses associations culturelles qui militent pour la sauvegarde et la protection du patrimoine national. Avez-vous pensé  prendre contact avec elles ?
Nous avons des associations dynamiques mais pas assez outillés pour sauvegarder le patrimoine culturel. Dans notre programme nous avons un intérêt particulier pour les associations qui œuvre pour le patrimoine culturel. Nous avons organisé des réunions régionales dans plusieurs wilayas pour rassembler ces associations et les inciter à participer avec nous dans le programme et les former. Après une année nous avons sélectionnés une vingtaine de projets qui seront financés par le programme. Certaines travailleront sur le patrimoine matériel, d’autres sur la valorisation du patrimoine historique….Elles seront subventionnées avec des budgets assez consistants. Dès qu’elles commenceront, nous les accompagnerons pour les assister dans leur entreprise, l’évaluation du projet, et la pérennisation de leur action.  Cette initiative est un volet dédié au soutien des associations culturelles. Nous organiserons aussi des sessions de formation à toutes les associations du patrimoine culturel algérien. Une vingtaine auront un suivi renforcé et pour les autres des sessions de formations. Certaines formations auront lieu à Alger pour l’aspect général et nous organiserons des formations selon les régions et les besoins, puis il y aura de l’accompagnement sur place, ce sera réalisé à l’échelle nationale. 

H. M.


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