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Culture / Culture

La reine Marie-Antoinette

Cette figure de la pop culture

© D. R.

Comment une reine haïe et envoyée à  l'échafaud s'est-elle transformée en figure pop? En peinture, en manga, en  poupée Barbie ou en film, une exposition retrace l'évolution des  représentations de Marie-Antoinette à la Conciergerie à Paris. “De tous les monuments auxquels est attachée l'image de la reine  Marie-Antoinette, celui-ci est sûrement le plus fort : c'est ici qu'elle a été  incarcérée et condamnée à mort”, resitue Philippe Bélaval, président du Centre  des monuments nationaux (CMN), sous les hautes arches de pierre blanche de la  Conciergerie.

L'ancienne prison de la Révolution devait accueillir hier  plus de  200 pièces réunies par le commissaire Antoine de Baecque. “L'idée est née il y  a trois ans, dans le café en face: on voulait revenir sur cette  Marie-Antoinette-mania. Il ne s'agit pas d'une réhabilitation mais d'un renouvellement de l'image, celle d'une princesse moderne qui s'émancipe du pour ou du contre”, indique ce dernier.  
 
Culte 
Marie-Antoinette est arrivée très jeune à Versailles pour y être mariée à  Louis XVI. Maladroite au début, elle se défera de nombreux usages de la cour, notamment par ses coiffures extravagantes, pour devenir un personnage emblématique de la monarchie française. Sa chemise de nuit, le soulier qu'elle est réputée avoir perdu sur l'échafaud et sa dernière lettre sont exposés là où était sa cellule.

Si ces effets étaient considérés comme des reliques par les royalistes, c'est son acte de condamnation à mort bruni par le temps qui faisait, lui, l'objet d'un culte  républicain. Mais c'est moins à la vie de la reine qu'à son image que se consacre  l'exposition. Tantôt caricaturée en harpie, tantôt peinte en sainte martyre, les représentations s'opposent et se multiplient.

Certaines représentations sont devenues ultra-célèbres, comme “Le Portrait  de Marie-Antoinette à la rose”. Peint par Élisabeth Vigée Le Brun en 1783, ce  portrait officiel a été revu par Botero en 2005 dans son style tout en  grosseur, puis rejoué par l'ex-escort girl Zahia Dehar, photographiée par les  plasticiens Pierre et Gilles en 2014. 

Pop 
Popularisée au Japon par le manga La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda  en 1972 – adapté en dessin animé sous le nom de Lady Oscar et par Jacques  Demy dans un film éponyme – l'archiduchesse d'Autriche est surtout devenue une  icône mondiale grâce au grand écran. Une salle de cinéma occupe le centre de  l'exposition, où sont diffusés des extraits des plus de 100 films réalisés sur  la vie de la reine. 

Le plus ancien remonte à 1903, un autre permet de retrouver Michèle Morgan  dans le rôle de la reine dans les années 50, mais c'est bien le film de  l'Américaine Sofia Coppola qui transforme Marie-Antoinette en figure de la pop  culture en 2006. Avec ses couleurs et sa bande originale anachronique,  largement composée de rock, Kirsten Dunst y campe une reine “punkette” en crise  d'adolescence. “Ce film a permis à la jeunesse de s'identifier à Marie-Antoinette”, estime  Annie Duprat, spécialiste d'iconographie historique. “Il est sorti quelques  années après la mort de Lady D., une autre jolie princesse passionnée d'art et  de mode, morte tragiquement.” 

Un symbole français 
La célèbre robe bleue pâle du film de Sofia Coppola est exposée face à une  autre robe, signée Christian Dior, la pièce “la plus difficile à obtenir” selon  le commissaire de l'exposition, qui consacre une salle aux références répétées  des couturiers au style de Marie-Antoinette. “Si la mode est si présente en France, c'est aussi parce que cette  industrie a été beaucoup plus stimulée par Marie-Antoinette que par les reines  précédentes”, retrace Annie Duprat. 

“Derrière l'adoration à l'étranger pour Marie-Antoinette, il y a l'adoration du goût français du XVIIIe siècle. C'est  aussi une figure commercialisable car on la reconnaît vite : il suffit d'un  visage de femme, d'une perruque et de bijoux”. 
Et pour clore l'exposition, évidemment quelques produits dérivés à  l'effigie de la reine : des tasses, du chocolat, et... une poupée Barbie.
 

AFP



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