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Culture / Culture

LE PREMIER ALBUM D’IFRIKYA SPIRIT SORT à LA FIN DU MOIS

Chakib Bouzidi : “Un esprit purement africain entre tradition et modernité”

©D. R.

L’album du groupe Ifrikya Spirit sortira chez Padidou à la fin de ce mois. En attendant de découvrir les huit titres qui instillent de la joie de vivre et les surprises de ce disque où figurent plusieurs invités, le leader et fondateur de la formation revient, dans cet entretien, sur l’atmosphère générale de cet album éponyme, le travail de composition et sur ses débuts à lui et ceux du groupe.

Liberté : Votre album sort enfin à la fin de ce mois. Il est éponyme et se compose de 8 morceaux dont deux titres du patrimoine diwane qui sont revisités à votre sauce. Parlez-nous de l’atmosphère générale de cet album ?
Chakib Bouzidi :
Pour notre premier album, on a voulu tout d’abord avoir une identité musicale propre à nous, donc il fallait apporter quelque chose de nouveau à notre recherche musicale, d’où l’intégration des nouveaux instruments, tels que le kamélé n’goni, soussane, balafon, tama, djembé et goumbri. Puis avec cet esprit purement africain, on a intégré les instruments modernes comme la batterie, le piano, la guitare (et guitare basse). On retrouve plein de sonorités qui font Ifrikya Spirit et apportent une atmosphère de musique du monde, variant entre tradition et modernité avec diverses rythmiques et sonorités.


La sortie du premier album d'Ifrikya Spirit est prévue pour fin janvier

Vous avez repris Maro et Baba Jilali, deux titres qui appartiennent au répertoire diwane. Comment s’est fait le choix sur ces titres et comment vous les avez travaillés ?
Maro, qui est chanté par Rafik Kettani, est un morceau très riche en harmonies. Le goumbri se joue dans une gamme et le chant dans une autre gamme, donc on a fait un arrangement spécial qui commence par un esprit traditionnel, puis on intègre d’autres instruments, comme la batterie, la basse, le clavier et le saxophone. On a suivi une structure musicale classique de la musique moderne avec des nuances, des chutes, des moments de pression et dépression et des moments de solo. Pour Baba Djilali, je tiens à signaler que c’est le seul morceau sur l’album joué à la manière traditionnelle, avec goumbri et karkabou. C’est avec ce titre qu’on clôture le disque pour dire d’où on vient et pour faire découvrir notre patrimoine, avec aussi un petit hommage à la fin à mon maître maâlem Benaïssa (Allah yerahmou).

Comment s’est fait le travail de composition des six autres titres de l’album ?
Le travail de composition des six autres titres s’est fait après plusieurs années de recherche. Depuis 2009, il fallait trouver la bonne manière de se démarquer des autres groupes et de ce qui se fait sur la scène nationale et internationale. Généralement, c’est moi ainsi que Rafik Kettani, Mehdi Gherasse et Amine Houame qui composons, puis après, ce sont tous les autres membres qui donnent des idées. On retrouve également un morceau composé par Réda Mourah, qui est notre arrangeur et ingénieur du son et c’est aussi un virtuose du piano. Ce morceau s’intitule N’goni Diwan et il est chanté en duo par notre chanteuse Sou Alia et Meziane Amiche, un des invités de l’album. Quant à nos textes, ils parlent de paix et d’union africaine, comme Bambara où on parle de liberté africaine, Africa qui évoque les ancêtres porteurs de messages, Moussawayo qui parle des messagers, ou encore N’goni Diwan dans lequel on chante le déroulement du diwane, de la soirée elle-même. On parle de beaucoup de choses via notre musique : paix, union, liberté, pauvreté, égalité, amour, joie, etc. Pour ce qui est de nos influences, on s’inspire beaucoup de la musique africaine mais aussi des rythmes afro-cubains, du reggae, du blues, du jazz. On retrouve toute cette ambiance dans l’album.

Comment est né votre intérêt et celui du groupe pour la musique diwane et aussi pour la musique africaine ?
Mon intérêt pour cette musique date depuis l’enfance. Ça a commencé par le reggae, et dès mon jeune âge, j’avais déjà un djembé et je m’intéressais beaucoup à la musique. Par la suite, j’ai fait la connaissance de maâlem Benaïssa et j’ai intégré Diwan Dzaïr en tant que percussionniste. Et c’est à ce moment-là que j’ai appris et su la richesse de cette musique. Lorsqu’on s’intéresse aux musiques du monde, on découvre à la fois des styles et on apprend à s’ouvrir musicalement.

Quelle est l’audience de la musique que vous pratiquez ?
Dans nos concerts, on retrouve un public très varié qui se compose de jeunes, de moins jeunes, de femmes, d’enfants… Il y a ceux qui viennent pour danser, d’autres qui viennent par curiosité pour découvrir notre style, et il y a aussi beaucoup de mélomanes qui apprécient les musiques du monde. Que ce soit à Alger ou dans d’autres wilayas, nous sommes très bien accueillis par ce public, et c’est un réel plaisir pour nous de jouer face à lui.

Pourquoi d’après-vous les groupes tels que le vôtre et surtout ceux qui pratiquent le diwane n’ont pas la possibilité de faire des scènes à part quelques festivals ?
A mon avis, il faut que les groupes produisent des albums qui les représentent. C’est devenu essentiel pour s’imposer sur scène que d’avoir un produit commercialisé, c’est une carte de visite qui permet d’avoir accès aux scènes. J’espère justement qu’on aura l’opportunité de bosser avec notre album.

Comment s’est formé votre groupe ?
J’ai créé mon groupe en 2009 après plusieurs années de travail, depuis ma toute première scène qui remonte à 1998 avec Diwan Dzaïr. J’ai connu plusieurs autres formations et fait pas mal de projets d’échange musical. J’ai ensuite décidé de créer ma propre formation avec mes compositions et mes idées artistiques, en 2009 donc. A l’époque, il y avait avec moi Rafik Kettani et Amine Houame et on a commencé ce projet ensemble. J’avais une certaine expérience dans le domaine et je ne souhaitais pas refaire les erreurs du passé, notamment en ce qui concerne le management du groupe, les procédures de répétitions, etc. Avec Ifrikya Spirit, nous sommes plus sérieux dans le travail ; c’est un gros projet qui regroupe plusieurs très bons musiciens.

Vous avez personnellement mené plusieurs expériences musicales, mais sans doute la plus emblématique est celle partagée avec maâlem Benaïssa. Qu’est-ce que vous avez appris de lui sur le plan musical ?
C’étaient mes débuts. J’étais jeune. Et Benaïssa m’a vraiment tout appris sur le plan musical : la manière de jouer, d’accorder, de fabriquer les instruments ; les principes et bases de cette musique ; comment fusionner entre les styles ; les styles qui collent ou ne collent pas ; les différentes rythmiques ; comment monter un
djembé…

Présentation du groupe
Fondé en 2009 par Chakib Bouzidi, élève du regretté maâlem Benaïssa et ancien membre de Diwan Dzaïr, Ifrikya Spirit sort son premier album éponyme chez Padidou. Composé de huit titres, la musique traditionnelle africaine et celle des Gnaoua cohabitent harmonieusement sur ce disque. Outre le leader, le groupe se compose de Rafik Kettani, Amine Houame, Sou Alia, Mehdi Gherasse, Réda Mourah, Nazim Bakour et Samy Guebouba. La formation a invité plusieurs artistes sur l’album, notamment le saxophoniste Arezki Bouzid, les interprètes Meziane Amiche et Amine Chibane, le percussionniste Abdelhakim Aït Aïssa, ainsi que Yousri Tamrabet-Toto, Omar Bennacer et Mehdi Lekehal.


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