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Culture / Culture

IL NOUS A QUITTÉS IL Y A 32 ANS, À TLEMCEN

Cheïkh Larbi Louazani, un talentueux musicien

Cheïkh Larbi Louazani © D. R.

Ce musicien d’exception a débuté sa carrière dans les années 1960 avec l’association musicale Gharnata, mais il demeure quasiment absent des mémoires depuis sa disparition de la scène publique.

Il y a trente-deux ans, le 8 octobre 1984, s’éteignait à Tlemcen, à l’âge précoce de 42 ans, un grand musicien, cheikh Larbi Louazani, qui a consacré une partie de sa vie à la mise en valeur du patrimoine musico-andalous tant au niveau de sa région que dans d’autres contrées de l’Algérie profonde. Il demeure malheureusement quasiment absent des mémoires depuis sa disparition de la scène publique.
Ce musicien d’exception a débuté sa carrière dans les années 1960 avec l’association musicale Gharnata qui, rappelons-le, avait remporté le premier prix et la médaille d’or au premier Festival de musique andalouse organisé à Alger en 1964, ainsi que de nombreuses autres consécrations nationales et internationales. M. El-Hassar Bénali, journaliste et écrivain, auteur de deux ouvrages sur le legs tlemcénien et maghrébin de la musique andalouse, témoigne “qu’à l’instar d’autres artistes, dont les travaux et œuvres se perdent ou sont la proie du plagiat, ce cheikh aura vécu telle une bougie qui illumine son entourage et se meurt à petit feu.”
Après ses premiers pas avec Gharnata où il s’est imposé pendant dix ans dans cette même association avec la particularité d’exceller dans le jeu du luth, cheikh Louazani, qui a tenté pendant un certain temps l’expérience du théâtre avec l’association de la Maison de la radio de Tlemcen, décide, en 1970, de créer sa propre troupe de chants et musique populaire et moderne baptisée El-Farah.
À l’actif de ce musicien de talent qui s’adonnait également à la sculpture et aux arabesques, qui a décoré lui-même l’intérieur de la mosquée du populeux quartier de Boudghène, figure une trentaine de chansons dont deux succès populaires Dib a yatraba et Meriem, outre une dizaine de chants patriotiques, entre autres Bladi ya el ghalia et Ya warda.
Avec un cachet lyrique qui lui était propre, cet artiste, tisserand de métier, a formé de nombreux musiciens, comme l’un de ses disciples encore vivant Belhadjar Abdennacer, lequel a pris le flambeau de la troupe musicale El-Farah, qui a confié : “Nous avons beaucoup appris de notre maître, qui animait des soirées à Constantine, Alger, Oran, Mostaganem, outre les fêtes et mariages à Tlemcen. Ses chansons étaient sur le bout des lèvres des jeunes et des plus âgés car elles concernaient toutes les classes et catégories sociales.” Son compagnon de lutte a ajouté : “Alors que l’on répétait pour préparer l’animation dans le cadre des festivités du 1er Novembre 1979, notre cheikh tomba subitement malade, avec paralysie de la moitié de son corps. Malgré ce handicap, il a pu poursuivre avec courage et abnégation son œuvre de musicien engagé jusqu’à la veille de sa mort.”
Depuis cette date, cheikh Louazani tomba dans l’oubli, et ses chansons n’ont pu être enregistrées sur disques ou autres supports électroniques “devant l’obstination de l’ex-RTA, qui exigeait le don gratuit de trois chansons, ce qui a été fait pour deux titres seulement.” Les contraintes matérielles du cheikh ne lui ont pas permis de poursuivre cette tâche qui exigeait “15 à 20 jours pour enregistrer une chanson, ce qui constituait un facteur démoralisant pour quelqu’un qui devait en plus travailler pour subvenir aux besoins de sa famille composée de neuf enfants”, nous a indiqué Belhadjar.
Cette situation devait engendrer le risque de déperdition de ce patrimoine exposé par la force des choses au plagiat “d’artistes parasites” qui ont tenté de reprendre à leur compte certains titres dans un but lucratif, selon Abdennacer Belhadjar. La troupe El-Farah continue de former des jeunes pour perpétuer le souvenir de cheikh Louazani et ainsi participer activement à la préservation de ce legs musical.


B. Abdelmadjid

 


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