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Culture / Culture

Kamal Chehrit revient sur l’exécution du successeur de Si El-Haouès

“Colonel Chaâbani, rendez-vous avec la mort”

L’auteur, s’appuyant sur des textes et documents qu’il a sélectionnés et commentés, a rouvert une des pages tragiques de l’histoire après-indépendance, pour s’exprimer sur une des victimes du “pouvoir” algérien.

Le 2 juillet 1964, soit deux années à peine après l’indépendance, Mohamed Chaâbani, ancien colonel de l’ALN de la Wilaya VI (Sud), est présenté par les médias algériens comme quelqu’un de “dangereux”. Cinq jours plus tard, ce dernier se rend aux autorités. Le 8 juillet, Chaâbani est conduit dans une caserne de Bou-Saâda et devra attendre deux mois pour passer, un certain 3 septembre 1964, devant une Cour martiale, à Oran, qui décidera de son exécution. Le lendemain, Chaâbani, âgé d’à peine 30 ans, est fusillé. Cinquante-deux ans après ce terrible événement, un livre intitulé  “Colonel Chaâbani, rendez-vous avec la mort” est dédié à ce “plus jeune colonel” de l’Algérie indépendante et publié aux éditions Alger-livres. L’auteur-éditeur, Kamal Chehrit, s’appuyant sur des textes et documents qu’il a sélectionnés et commentés, a rouvert une des pages tragiques de l’histoire après-indépendance, pour s’exprimer sur une des victimes du “pouvoir” algérien et donc sur certaines “zones d’ombre ayant entouré pas mal d’épisodes de cette guerre”. On nous apprend ainsi que Mohamed Chaâbani, de son vrai nom Tahar Chabane, est né le 4 septembre 1934, à Ed-dechra d’Oummache, dans la wilaya de Biskra, dans le Sud. Tahar Chabane fréquente l’école de la zaouïa de sa localité puis, à l’âge de 6 ans, le cycle élémentaire à Biskra, avant d’être envoyé à Constantine pour poursuivre des études à l’institut du cheikh Ibn Badis, “foyer” des Oulémas. Et c’est là, dans un contexte de “bouillonnement politique pré-insurrectionnel” qu’il a trouvé ses marques “politiques et idéologiques”. Dès le déclenchement de la guerre, le jeune homme, âgé alors de 20 ans, a manifesté un vif intérêt aux “actions militaires” menées par les combattants et l’année d’après, soit à la fin 1955, Tahar Chabane est mis à l’épreuve, avant d’intégrer les rangs de l’Armée de libération du Front de libération nationale (ALN-FLN), à la fin 1956, dans la zone 3 de la Wilaya I. Plus loin, l’auteur rappelle que l’aspirant Mohamed Chaâbani a rejoint la Wilaya VI, en 1958, l’année même de sa création et sera nommé chef de cette wilaya, à 25 ans, pour remplacer son prédécesseur, Si El-Haouès, tombé en martyr en mars 1959, en compagnie du colonel Amirouche Aït-Hamouda, lors d’un accrochage contre l’armée française, à djebel Thameur, au sud de Bou-Saâda. “Chef de guerre, chef politique aussi, Chaâbani Mohamed sortira de la guerre vivant et aguerri”, écrit Kamal Chehrit. Ce dernier rappelle en outre que le chef de la Wilaya VI a choisi, à l’indépendance “le parti” du bureau politique de Ben Bella, pour asseoir celui-ci au pouvoir à Alger. Un choix qu’il regrettera, puisqu’il prendra ses distances avec le nouveau régime autoritaire qui se dessinait, après sa rencontre avec les forces armées de l’extérieur, notamment avec Houari Boumediene. Et Chehrit d’expliquer que les “crises” de l’été 1962, “pour le pouvoir”, puis “les ambitions” affichées par Houari Boumediène, ministre de la Défense, et “surtout” par les collaborateurs de ce dernier, finiront par “exacerber” le jeune colonel de l’ALN et le faire sortir de sa réserve. Plus concrètement, Mohamed Chaâbani “refusera peu à peu d’obéir aux ordres de Boumediene”. Pour l’auteur-éditeur, la chute de l’enfant de Biskra, “cruelle et tragique”, a été orchestrée par les “hommes de Boumediene (…) avec la complicité de Ben Bella”. À partir de là, Chaâbani avec l’épisode de son exécution devient une “source de questionnements multiples”, exigeant une étude plus fouillée d’historiens algériens, en particulier sur les circonstances de sa disparition.


Hafida Ameyar


(*) Colonel Chaâbani, rendez-vous avec la mort, par Kamal Chehrit, Alger-livres éditions 2016, 132 pages.


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