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Culture / Culture

Culture

Dans la peau d’un autre

Sur un texte de Lamri Kaouane et une mise en scène de Faouzi Ben Brahim, El Hani Mahfoud et Mohamed Seghir Bendaoud, deux époustouflants comédiens, ont offert un moment de franche rigolade à un public peu nombreux, venu assister à la représentation de la pièce Heure zéro, certes pauvre en décor – réduit à un ou deux tabourets, trois sèche-linge – mais ô combien riche en retournement de situation et en quiproquo… à se tordre de rire ! Il était une fois un bar, connu par un habitué du monde mondain qui a pris l’habitude de venir souvent prendre du plaisir et des fois noyer son chagrin, et un autre qui a franchi l’entrée croyant que c’est un café maure. Le premier est un lecteur francophone, le second arabophone, respectivement  Karim et Hamoudi : deux prénoms appartenant à deux temps différents, à deux générations séparée par un gouffre et pourtant, le débat commence par une lecture de presse interposée.
Chacun ses repères, sa vie, son confort (ou son enfer), une vie de couple avec quelques différences : si Karim a été éjecté de chez lui pour une histoire de cadeau de Saint-valentin, Hamoudi est parti de son propre gré, selon ses dires. Le doute et la suspicion sont de mise. Peu importe la vérité qui a contraint les deux hommes à quitter leurs domiciles, ce qui compte est qu’aussi différents soient-ils, ils se retrouvent dans des endroits sordides où ils continuent tout de même à parler de leurs moitiés (épouses) et espèrent draguer une nouvelle (en dépit de leur désarroi) femme. En racontant leurs déboires, ils se démasquent quand bien même ils essayent par maints subterfuges, les fausses pudeurs et la dignité mal placée. Si les modes de vie sont différents, la misère et la mal-vie restent les mêmes, dans un monde où la communication est réduite à l’incommunication et l’interprétation désastreuse, semble nous suggérer le metteur en scène, qui a su tout au long de la pièce placer ses comédiens, qui ont fait rire une heure durant le public, en dépit d’une gestion approximative à la limite du chaos aussi bien du son que de la lumière. Les deux comédiens, acolytes pour la circonstance, ont sauvé le décor !

R. H.