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Culture / Culture

Master class autour du montage animée par Yannick Kergoat

Dans les coulisses d’une discipline peu connue

Yannick Kergoat (à gauche) et Ahmed Bedjaoui, lors de la Master class. © D. R.

Le réalisateur, scénariste et monteur, qui a déjà travaillé avec entre autres Rachid Bouchareb, Matthieu Kassovitz ou Costa Gavras, a soulevé lors de cette rencontre plusieurs aspects, spécificités et contraintes liés à ce métier du cinéma.

La salle Frantz-Fanon de l’Oref a abrité une master class intitulée “Le montage, troisième écriture d’un film”, lundi, dans le cadre de la dixième édition du Fica (Festival international du film engagé) (7-16 novembre).  Animée par Yannick Kergoat, réalisateur, scénariste et monteur qui a déjà travaillé avec entre autres Rachid Bouchareb, Matthieu Kassovitz ou Costa Gavras, la rencontre a soulevé plusieurs aspects, spécificités et contraintes liés au montage.

En présence d’étudiants d’Oxygène Académie et de Rachid Bouchareb, Kergoat a parlé de son métier comme d’une discipline “très peu documentée, car on a très peu accès à ce qui se passe dans un studio de montage, et la culture cinéphile s’y intéresse peu. Il y a très peu d’observateurs, car ce sont des choses du domaine de l’intime”, a-t-il fait savoir. 

Pour étayer ses propos, le cinéaste a projeté deux extraits des films La voie de l’ennemi, de Bouchareb, et Assassins, de Kassovitz. Dans les deux œuvres, “le début n’est pas fidèle à ce qui était écrit dans le scénario”. “Dans Assassins, le scénario était linéaire, on a donc décidé d’inclure des flashs-back et des changements de temporalité. C’est dire qu’on peut faire quelque chose de différent de ce qui a été écrit, financé et pensé au départ”, a expliqué Kergoat. 

Le montage est aussi là pour apporter davantage de profondeur à un film, faciliter la compréhension du téléspectateur, ou nuancer des traits psychologiques du personnage. Prenant pour exemple La voie de l’ennemi (Enemy Way) avec Forest Whitaker dans le rôle du personnage principal, William Garnett, qui aspire à mener une vie tranquille dans un coin perdu du Nouveau-Mexique après sa sortie de prison. “Au montage, c’est vraiment la psychologie des personnages qu’on fabrique.

Le seul souci du monteur ou de la monteuse sera de rendre compréhensibles les ellipses psychologiques. Il faut que le téléspectateur comprenne tout de suite pourquoi tel personnage change de comportement.” C’est en fait tout le travail du scénariste, réalisateur et acteurs qui repose sur le monteur. Il le “sauve” ou “rate”, selon Rachid Bouchareb. 

D’où l’importance d’une relation solide entre le réalisateur et le monteur. “Je n’ai pas l’impression de céder mon film quand je le confie au monteur.  Avec Yannick, c’est réécrire carrément un nouveau scénario. Mais, après le film, on a peur, on se demande si on a bien choisi les acteurs, ou très mal tourné le film. Je me repose sur lui et lui demande tous les jours son avis qui est très important pour moi”, a déclaré le réalisateur. 

Et de poursuivre : “C’est lui le premier spectateur et partenaire du film. J’ai compris ça après mes 2-3 premiers longs métrages, car c’est lui qui sauve ou le détruit.” Par ailleurs, Kergoat conseillera étudiants et jeunes monteurs de prendre du recul par rapport à leur film, afin de bien l’assimiler et ne pas rester prisonnier des choix artistiques du réalisateur. “On monte mieux quand on ne sait pas comment ça a été tourné. Je prends l’exemple du film Amen de Costa Gavras, qui m’avait demandé d’assister, d’être présent dans le plateau.

Il y avait cette scène de déplacement, et, arrivé le moment de travailler dessus, je n’y arrivais plus car il me semblait incongru que l’acteur sorte de ce côté-là. Je n’arrivais pas à trouver de solution”, a-t-il lancé.  À noter que le Fica se poursuit aujourd’hui à la salle Ibn Zeydoun avec la projection des courts métrages Sotra et Fefel Lahmar à 14h, et de Yuli et Karma, respectivement à 16h30 et 19h. 
 

Yasmine Azzouz 

 



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