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Culture / Culture

Pour rendre hommage au dramaturge disparu il y a 12 ans

Des inédits de Mohya dans le prochain opus d’Ideflawen

©D. R.

Muhend u Yehya, de son vrai nom Abdellah Mohya, a irrigué la chanson contestataire kabyle avec des textes d’anthologie. Ideflawen est l’un de ces groupes qui ont donné de la voix aux textes de Mohya. Cette figure emblématique de la “protest song” peaufine présentement un nouvel opus qui sortira prochainement, selon les prévisions du chanteur du groupe, Ali Aït Ferhat.
Dans ce nouveau produit, Ideflawen reprend un poème de la mère du militant nationaliste Ali Laïmèche. Un dialogue entre la mère et son rejeton dédiant sa vie pour la liberté. Le tout avec un habillage musical haut en couleur. “Aâyigh daâegh-k a mmi, lukan tettaghed awal-iw ; ad iyi-hqer waâdaw-iw, ma qlegh d akli di tmurt-iw” (Je ne cesse de te supplier mon fils, si au moins tu m’écoutais ; mon ennemi me mépriserait, si je devenais esclave dans mon pays). Telle est la complainte chantée avec brio par Ideflawen. Un autre texte chanté par Imazighen Imula, Ghuri yiwen umeddakel, figure dans l’album en préparation. Sauf que ce texte imagé de Laïmèche a été “remanié” par Muhend u Yehya dans un jeu de mots amalgamé à dessein, donnant ainsi une valeur ajoutée au sens figuré. Ideflawen et Mohya, c’est une longue histoire faite de complicité et de respect. Ali Aït Ferhat raconte comment le rapprochement s’est fait avec le dramaturge disparu. “En 1989, Ferhat, alors chanteur du groupe Imazighen Imula, qui a décidé d’arrêter la chanson, m’a proposé de chanter le texte Berrouaghia. Par respect, je ne voulais pas enregistrer sans contacter Mohya, l’auteur de cette œuvre. Le jour où je l’ai rencontré à Paris, Mohya m’a aussitôt proposé un autre texte, Muhend ay agheddu. C’est une façon à lui de nous encourager. Depuis, les relations avec lui ont été approfondies”, se rappelle Ali Ideflawen qui précise que Muhend u Yehya lui avait remis des textes inédits et exclusifs. C’est lors de son passage à Montréal, à l’occasion d’un hommage à Lhassen Ziani, parolier du groupe Ideflawen, que le chanteur a fait l’annonce. Notre interlocuteur voit cet hommage mérité comme un moment d’inspiration pour aller de l’avant. L’autre membre du groupe est un véritable virtuose de la guitare. Zahir Adjou a failli embrasser une carrière internationale avec Graeme Allwright. Lors le chanteur néo-zélandais était en Algérie pour une tournée, Zahir était dans l’orchestre de répétition.
L’auteur de Il faut que je m’en aille (Les Retrouvailles) lui proposa de l’accompagner dans sa grande tournée. Mais le musicien d’Ideflawen, qui était alors fonctionnaire au ministère du Plan, ne pouvait se libérer. Quand Zahir Adjou joue de la guitare, on a l’impression d’écouter un orchestre avec plusieurs instruments de musique. On l’a vu à l’œuvre, laissant bouche bée le public. Un génie de la guitare vu comme une cheville ouvrière du groupe Ideflawen qui a récemment célébré ses 40 ans de carrière artistique. “Même si on a été dispersé, le groupe a toujours été là, soudé. Même si Lhassen est à Montréal, Zahir à Alger et moi au village en Kabylie, cela ne nous a pas empêchés de travailler fort. La preuve, après 40 ans, on se retrouve à l’hommage rendu à notre camarade Lhassen”, soutient Ali Ideflawen qui affirme qu’un texte-hommage à Mohya écrit par Ziani figurera dans le prochain album. Natif d’Aït Erbah, en haute Kabylie, en 1950, Abdellah Mohya a légué à la postérité une œuvre monumentale. Outre la poésie contestataire, il a notamment “kabylisé” des chefs-d’œuvre littéraires universels : La Jarre de Pirandello, Ubu Roi de Jarry, Tartuffe de Molière, En attendant Godot de Beckett, La Décision de Brecht, etc. Son immense œuvre fait de chaque village un théâtre. En ce 7 décembre, jour anniversaire de la disparition de Muhend u Yehya, nous saluons sa mémoire.

Yahia Arkat


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