Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

Culture / Culture

…SOUFFLES…

Des Mille et Une Nuits au Coran !

Les Mille et Une Nuits est le livre qui, par excellence, a fait voyager l’image des Arabes et des musulmans dans les quatre coins du monde, s’installer dans toutes les cultures universelles sans exception aucune.

Les Milles et Une Nuits est le livre qui a réussi, avec brio, à véhiculer une image positive et humaniste de l’Arabo-musulman depuis ses premières traductions (il a été traduit en français en 1704)
Un livre qui a fasciné, et continue sa fascination sans prendre de rides. Livre d’art. D’architecture. De gastronomie. De poésie. De politique. De la belle narration. De vin. De ruses. D’intelligence. De pluralité. De femmes. D’amour. De trahison. De voyage…
C’est le livre arabo-musulman qui a le plus marqué les écrivains, les romanciers et les poètes dans toutes les langues. La Fontaine, Voltaire, Nietzche, Tolstoï, Balzac, George Borges, Garcia Marquez… jusqu’à Mathias Enard (prix Goncourt 2015). Toutes ces belles plumes et d’autres, d’une façon ou autre, ont célébré Les Mille et Une Nuits.
C’est le livre qui marqué les cinéastes de tous les horizons. De Hollywood jusqu’au cinéma indien et africain.  Il a charmé les peintres de Delacroix jusqu’à Picasso et Mohamed Khadda.  L’orientaliste et traducteur du Coran, Jacques Berque, a classé Les Mille et Une Nuits comme l’un des livres universels qui ont façonné l’imaginaire humain. Certes, il existe quelques autres titres dans la culture arabo-musulmane qui ont contribué à la sculpture de l’image positive et humaniste de l’Arabo-musulman  entre autres El-Moqaddima  d’Ibn Khaldoun, les Mouallaqat (poésie d’avant l’islam) ou encore la poésie soufie d’El Halladj et les autres.  Cette belle image de l’Arabo-musulman a pris sa place dans l’imaginaire universel et principalement dans l’imaginaire européen grâce au travail de quelques grands noms de spécialistes de la littérature arabo-musulmane entre autres André Miquel (né en 1929), louis Massignon (1883-1964), Jacques Berque (1910-1995), Djamel Eddine Bencheikh (1930-2005), René Khawam (1917-2004)…  
Les Mille et Une Nuits demeure la lecture universelle perpétuelle, de génération en génération, dans toutes les langues, dans toutes les géographies.
Mais, depuis trois décennies ou presque, un autre livre parvenant du monde arabo-musulman a pris, et continue à prendre, de plus en plus d’ampleur, actionnant une autre curiosité chez le lectorat universel. Et ce livre n’est autre que le Coran.
Bien qu’il soit traduit depuis des siècles et ce, dans toutes les langues vivantes ou presque (la première traduction en français “l’Alcoran de Mahomet” a été réalisée en 1647), le Coran est resté pendant toute cette période le sujet des débats restreints et religieux. Lu, examiné et étudié dans des cercles de recherche dans les domaines particuliers : études comparatives des religions, études linguistiques, études des civilisations, études historiques.
Des siècles durant, le Coran n’a pas suscité de débat public. Il est resté loin de toute polémique publique. Tout simplement parce qu’Il est resté le livre des élites. Pour les élites. Entre les élites. Loin de toute politisation ou idéologisation.
Aujourd’hui, le Coran provoque, et de plus en plus, une curiosité inédite chez les lecteurs, dans toutes les langues, tous les âges. Cette curiosité est animée chez ces lectorats par le fait des guerres déclarées ou non déclarées faites au nom de l’islam. Cette curiosité est attisée par le contexte politico-religieux exceptionnel.
Aujourd’hui, le Coran est le livre le plus vendu dans le monde. Le plus demandé. Edité en poche. Réédité. Retraduit. Mais le Coran d’aujourd’hui a changé de lecteur, d’un lecteur élitiste averti à un autre public, général et formaté.
Si Les Mille et Une Nuits, en matière de réception, et pendant des siècles, a présenté le monde arabo-musulman comme espace de plaisir, de bonheur, de rêve dans l’imaginaire européen, américain et asiatique, et continue à l’être, le Coran, de son côté, par le contexte politique, par l’environnement violent, par les attentats islamiques aveugles à travers le monde, présente le monde arabo-musulman dans l’imaginaire européen et américain, comme espace géorgaphico-humain de peur, de conflits, de sang, de haine et de guerre sainte. Si guerre sainte existe ?


A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
5 réactions
Reader le 12/12/2015 à 0h31

Je pense qu'il est impératif que les traductions du Coran soient annotées. Surtout pour les textes qui prêtent à équivoque. Il faut que chaque événement soit mis dans son contexte tout en corroborant les faits par des avis des exégètes et des jurisconsultes. Une fois j'ai vu sur France 2, dans le JT, qu'on mentionne le verset du Coran relatif au fait de battre les femmes. Or, il est mis hors de son contexte et du sens qu'il porte. Je m'explique: dans le verset en question, battre ou frapper ...

Reader le 12/12/2015 à 0h33

.. n’a pas le sens qu’on comprend en le lisant en français. Ataa (un des successeurs) a posé la question à Ibn Abbas (un Compagnon du Prophète et l’exégète du Coran le plus connu) sur le sens de frapper, et lui de répondre : « avec un siwak (un bâtonnet de la taille d’un crayon) ou quelque chose de semblable ». Donc il s’agit d’intimider et non pas de « frapper » comme on le comprend au premier abord. De plus, le Prophète –Paix sur lui- qui est l’exemple à suivre,n’a jamais frappé une femme.

Reader le 12/12/2015 à 0h35

Il faut procéder de la sorte pour les autres versets qui prêtent à confusion, comme les versets relatifs au djihad, et les mettre dans leur contexte.

AWIDKAN le 12/12/2015 à 23h25

Cher Amin, moi j'ai eu la chance de lire les milles et une nuits avant le coran ; c'est le jour et la nuit, c'est le rêve et le cauchemar , c'est la beauté et .... Je te vois avancer dans le bon sens, la bonne direction.. Bon voyage vers la vérité.

M.larbi le 13/12/2015 à 22h17

@Awdikan. Tu ne dois pas être difficile en matière de beauté. Les mille et une nuits relèvent de la culture orale. Ce sont des contes populaires mineurs qui ont été traduits en français par l'orientaliste Antoine Galland au 18è siècle. Contrairement à ce que l'auteur affirme, ils n'ont rien d'arabo-musulmans. Ils viennent d'Inde et de Perse. C'est comme si un père blanc qui a vécu à Ighil Ali se mettrait à traduire Thafounast Igoujilan (La vache des orphelins). Plus nul que ça tu meurs!

Commentaires
5 réactions