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Culture / Culture

Rencontre autour du roman “De nos frères blessés” de Joseph Andras

Disparition de Fernand Iveton : “C’est un meurtre d’Etat”

Le traducteur Salah Badis au centre ©Liberté

Les éditions Barzakh viennent de publier le roman “De nos frères blessés” en langue arabe par le journaliste et poète Salah Badis. A cette occasion, une rencontre a eu lieu pour la présentation de cet ouvrage au café littéraire le Sous-Marin.

Dans le cadre de la publication en arabe du roman De nos frères blessés de Joseph Andras aux éditions Barzakh, le café littéraire le Sous-Marin a organisé une rencontre avec le traducteur Salah Badis pour la présentation de cet ouvrage. Animée par les journalistes Saïd Djaffar et Omar Zelig, cette rencontre a été ponctuée d’une lecture de textes dans les versions française et arabe (An Ikhwanina El-Jorha) ainsi que le parcours de Fernand Iveton. Ce dernier est le personnage principal du roman de Joseph Andras, qui a été publié par Actes Sud (France) et Barzakh (Algérie) en 2016. Dans son ouvrage, l’auteur retrace la vie de ce communiste européen ayant milité aux côtés du FLN durant la guerre de libération. Il est le premier Européen à avoir été guillotiné par la France. “Cependant, le roman va au-delà de cette dimension. En 160 pages, il retrace les mois de prison de Fernand Iveton ainsi que ses mois de bonheur avec son épouse, la Polonaise Hélène Ksiazek, qui l’a suivi en Algérie, en racontant cette histoire d’amour entre deux prolétaires dans l’Algérie des années cinquante”, est-il mentionné dans la présentation du roman. Lors de cette rencontre, Salah Badis (également journaliste et poète) a expliqué avoir lu De nos frères blessés à sa sortie en 2016, et quand les éditions Barzakh cherchaient un traducteur, il s’est alors proposé pour la version en langue arabe. “Le roman aborde la guerre de libération nationale mais en même temps ce n’est pas sur des destins collectifs mais sur un destin individuel, celui de Fernand Iveton.” Tout en poursuivant : “Je me rappelle avoir lu son nom deux ou trois fois dans les romans de Rachid Boudjedra, notamment dans les Figuiers de Barbarie. Quand je lisais son nom dans un journal, il était souvent considéré comme un ami de l’Algérie. Alors qu’il a été guillotiné pour l’Algérie.” Pour la réécriture en langue arabe, l’auteur a indiqué qu’“avec Andras, la langue est vraiment inhabituelle dans certains passages, il avait sa langue, sa poésie. C’est un peu risqué ce que j’ai choisi, c'est-à-dire de le suivre, car c’est un travail de sculpteur. Et il y a toujours un risque avec la langue”. Pour sa part, le journaliste Saïd Djaffar a souligné que “la force de la littérature est de redonner vie à l’histoire. Grâce à ce livre, on commence à connaître Iveton, son statut et sa fierté d’ouvrier, et le lien avec celle qui deviendra son épouse”. Et de renchérir : “Il s’est instinctivement placé du côté des opprimés. Son meurtre par les Français est un meurtre d’État.” Pour le modérateur, le parcours de ce militant exceptionnel est raconté d’une “manière ciselée et précise. Fernand est un personnage remarquable qui est raconté de manière remarquable par un grand écrivain”. Concernant cette traduction en arabe, Saïd Djaffar considère qu’An Ikhwanina El-Jorha a été également écrit “d’une manière ciselée. Dans la traduction souvent il y a des libertés ou il faut trahir mais Badis est resté fidèle au livre. D’ailleurs, ses choix artistiques sont justifiés et on retrouve en arabe la musique du roman”. Sur le choix du titre, Salah Badis a précisé qu’“Ikhwanouna (nos frères), parce qu’on appelait les moudjahidine ‘’El-Khawa’’. Pour le mot djarha (blessé) et non madjrouhin (au pluriel), car le premier souligne une blessure symbolique”. Tout en concluant : “La bonne chose dans la langue arabe, c’est qu’elle accepte plusieurs expressions et sens ; elle intègre plusieurs concepts.”

H. M.


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