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Culture / Culture

26e anniversaire de la disparition d’Abdelkader Alloula

“El Goual” ou l’incarnation de générosité et de talent

© D. R.

“Les rues d’Oran étaient noires de monde, il y  avait  des  portraits de  lui  partout, pour dire qu’il était toujours là, avec les gens d’Oran. C’est ce qui m’a sans doute le plus aidée, le fait qu’Alloula, même s’il est mon père, ne m’appartienne pas. C’est le papa, le frère et le fils de toute l’Algérie”, a écrit sa fille Rihab sur son blog.

Quatorze mars 1994-14 mars 2020, soit vingt-six ans depuis qu’un illuminé a lâché sur le lion du Murdjadjo un projectile assassin en ce fatidique 10 mars de l’an de grâce 1994, l’éloignant ainsi pour l’éternité des sentiers des arts qu’il arpentait pour aller là où il s’épanouissait au Palais de la culture. Ironie du sort, le ciel d’El-Bahia, la radieuse, s’est obscurci d’El Lithem (Le Voile ou le musellement) (1989) contre lequel l’enfant de Ghazaouet s’est toujours opposé à ce cache-beauté.

Serein qu’il était, le scénariste de Gorine (1972) de Mohamed Ifticène était aussi ce visionnaire qui prédisait que Le ciel est serein (Enal, 1989), avant qu’il n’y ait ce “tonnerre dans le ciel” qui a fait de l’Algérie l’orpheline de ses meilleurs enfants. “Les rues d’Oran étaient noires de monde, il y avait des portraits de lui partout, pour dire qu’il était toujours là, avec les gens d’Oran. C’est ce qui m’a sans doute le plus aidée, le fait qu’Alloula, même s’il est mon père, ne m’appartienne pas. C’est le papa, le frère et le fils de toute l’Algérie.

Le fait de partager cela m’a permis aussi de partager la douleur”, a écrit sa fille Rihab sur son blog. Du reste, et en dépit de l’absence de l’être cher, les chaumières résonnent toujours de ce rire qu’il a interprété dans Hassan Nia (1990) et dont seul le “Goual” a le secret.

Mais ne dit-on pas que le “Meddah” ou le “Goual” est l’aïeul du monologue au théâtre ? Et rien que pour cela, le théâtre d’Oran est baptisé pour la postérité au nom du metteur en scène d’El Ajouad (Les Généreux) (1985). Généreux, l’épitaphe est dite par Mustapha Ayad : “Alloula incarne la générosité.

On s’est croisé un jour alors qu’il sortait de l’opéra Mahieddine-Bachtarzi et je l’ai traité de ‘haggar !’ Ahuri, il m’a répondu : ‘Moi haggar ?’ Oui ! Haggar pour ne m’avoir jamais fait appel sur les planches, lui ai-je dit.”

“Et, dans un élan courtois, il a passé affectueusement son bras autour de mon épaule et on s’est promené du square Port-Saïd jusqu’à Bab El-Oued où il dissertait sur le 4e art. D’ailleurs, jamais je n’oublierai cette journée que j’ai inscrite d’une pierre blanche qui s’est achevée autour d’un repas chez un tebakh (petit restaurateur) de l’ancienne place de Chartres.

Et c’est ainsi que j’ai intégré le casting des pièces El Alleg (1969) (Les Sangsues) et Les Bas-fonds, où il y avait à l’affiche l’élite que comptait le Théâtre national algérien”, se souvient le lauréat en 2005 du “Fennec d’or” de la meilleure interprétation masculine pour le film Le Printemps noir.

Autre souvenir, Alloula Abdelkader “me conseillait d’être moi-même dans mon monologue”, a conclu l’acteur Mustapha Ayad sur son lit de convalescent au service urologie de l’hôpital Mustapha-Pacha, où il est hospitalisé. Que dire d’autre ? Qu’il repose en paix au panthéon des hommes généreux. 
 

LOUHAL Nourreddine

 


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