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Culture / Culture

L'intellectuelle et féministe égyptienne Nawal al-saadawi est décédée hier à l'âge de 90 ans

Elle aura sa place au paradis

© D.R.

L’écrivaine égyptienne et féministe Nawal Al-Saadawi est décédée, hier, à l’âge de 90 ans, à la suite d’une longue maladie, a rapporté le journal Al Ahram. Médecin psychiatre de profession, son œuvre et son combat étaient consacrés à l’émancipation des femmes dans le monde arabe.

Autrice d’une cinquantaine d’ouvrages, notamment Mémoires d’une femme docteur (premier livre paru en 1958) ou encore Au début, il y avait la femme, elle se “prononçait contre la polygamie, le port du voile, l'inégalité des droits de succession entre hommes et femmes en islam et surtout l'excision, qui concerne plus de 90% des Égyptiennes”, a indiqué l’AFP.

Née au Caire en 1931, d’un père fonctionnaire dans un ministère, elle a reçu une éducation traditionnelle qui la prédestinait à devenir une “bonne” femme au foyer. Mais, Al-Saadawi a décidé de prendre sa destinée en main et de poursuivre ainsi ses études de médecine. Après une expérience professionnelle dans le milieu rural, elle découvre la situation précaire des femmes dans ces zones-là.

Par la suite, elle occupera plusieurs postes, notamment celui de directrice générale de l’éducation pour la santé, mais la publication l’ouvrage La femme et le sexe en 1970, lui vaut un licenciement. Déterminée dans la lutte pour les droits de la femme, elle crée en 1982 l’association Women solidarity, alors qu’une année auparavant, Nawal Al-Saadawi est arrêtée par le régime d’Anouar Al-Sadate pour incitation à “la rébellion contre les lois divines”.

Sur cet épisode de son parcours, elle publie le livre Mémoires de la prison des femmes, dans lequel elle raconte son incarcération. La détermination de cette figure emblématique à dénoncer une société mysogine, attire les foudres et des menaces de mort des islamistes.

Une situation qui la contraint en 1993, à quitter l’Égypte pour les États-Unis où “elle a été écrivaine en résidence pendant trois ans à l'université Duke, en Caroline du Nord”, rapporte l’AFP. Douze ans plus tard, précisément en 2005, Nawal Al-Saadawi se met dans la politique et se lance ainsi dans la campagne présidentielle “avant d'abandonner la course, assurant que les forces de sécurité l'empêchaient de conduire ses meetings électoraux”.

Ses écrits très engagés et critiques, font d’elle la cible d’Al Azhar qui porte “plainte” pour “atteinte à l’islam”. À l’annonce de sa disparition, médias arabes et internationaux et les internautes ont rendu un fervent hommage à cette “dame de fer” ayant consacré sa vie et son âme à la lutte pour la libération de la femme. 

R. C.


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