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A LA UNE / Culture

Journée d’étude sur l’habitat vernaculaire Auressien à Batna

Entre discours et réalité du terrain

Le village de Menaâ. © H.Tayeb/Liberté

Les citoyens, les spécialistes et les différents membres du mouvement associatif n’ont jamais cessé d’interpeller les autorités compétentes quant à la situation du patrimoine architectural dont jouit la région de Batna et le grand Aurès. La richesse de la région se conjugue entre greniers collectifs, ksar, tombeau de l’époque numide, villes antiques, dechra et autres villages où s’illustre le savoir-faire des bâtisseurs et artisans auressiens. Ces cris d’alarme semblent enfin trouver écho, et l’organisation des journées d’étude consacrées à l’habitat vernaculaire auressien (du 3 au 6 février) est, comme l’espère la majorité des participants à cette rencontre, plus particulièrement l’association des amis de Menaâ et les organisateurs de la fête annuelle Tifesouine (la fête du printemps), un début de prise en charge, de restauration et de sensibilisation. Il faut savoir que le site où auront lieu les ateliers, les observations et autres démonstrations n’est pas classé, donc il est difficile à protéger, nous informe le directeur de la culture de la wilaya de Batna, M. Kabour, l’un des principaux artisans de cette rencontre organisée sous la tutelle du ministre de la Culture. D’ailleurs, ce dernier, selon notre interlocuteur, ne ménage aucun effort pour que ces journées et bien d’autres qui sont au programme prennent en charge le patrimoine en souffrance.

Une approche obsolète
Les décrets et autres décisions concernant le patrimoine architectural ont besoin d’une mise à jour, dans le sens où ils doivent être revus pour prendre en considération la réalité du terrain, qui n’est plus ce qu’il était (sites, stèles, tombeaux...). À ce propos, les présents et initiés en la matière ne comprennent pas comment l’ancienne dechra de Menaâ (tout un village) n’est ni classé ni protégé ! On peut constater que des citoyens n’ont eu aucun mal à démolir d’anciennes bâtisses pour construire des maisons en béton dans une dechra où le bâti est à base de terre. Cette démarche est “une véritable cicatrice béante”, nous affirme un architecte. Tout en poursuivant : “Chez nos voisins marocains, une telle démolition est impensable, elle peut mener son auteur devant la justice, voire en prison. Cependant, des lois ont été prévues, ce qui n’est pas notre cas.” Pour rappel, l’anthropologue Germaine Thillon avait longtemps séjournée à Menaâ, et c’est le lieu de naissance de la poétesse Anna Greki. D’ailleurs, beaucoup de présents se demandent pourquoi on ne trouve aucune trace de ces deux personnages, deux bas-reliefs de leurs effigies dans l’ancienne dechra, cela serait un bel hommage aussi bien à ces personnalités qu’à leurs œuvres. À noter que dans le cadre de ces journées, des architectes spécialistes ont fait le déplacement d’Alger pour des initiations et ce pendant 3 jours sur les lieux mêmes. À cette occasion, ils ont constaté qu’il y a urgence dans la réalisation d’un relevé topographique des lieux, car il n’en existe aucun à ce jour. Par ailleurs, des citoyens qui habitent encore l’ancienne dechra ont ouvert leur porte aux participants et se sont montrés très coopératifs, un degré de conscience rare, voire unique, reconnaissent les invités.


H. TAYEB

 


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