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Culture / Culture

Festival international du théâtre de Béjaïa

“Et si je les tuais tous, Madame”, le monologue des silences bavards

© D. R.

Et si je les tuais tous, Madame est une création théâtrale sénégalo-burkinabé, présentée mardi soir au théâtre Abdelmalek-Bouguermouh, au quatrième jour du Festival international du théâtre de Béjaïa. Elle traite à la fois de l’exil et du mal du pays, en mettant en lumière les souffrances sourdes endurées, selon que l’on est dans un cas ou dans l’autre. 

Écrite et mise en scène par le dramaturge burkinabé Aristide Tamagda, la pièce est présentée sous forme d’un monologue pour le moins singulier, qui fait la place belle à une flopée de personnages qui n’apparaissent jamais, mais qui occupent furieusement son esprit débridé et rythment son existence et sa condition de migrant. 

Tels des fantômes, son père, sa mère, sa femme, son enfant, ses amis, laissés au pays, occupent et hantent, en permanence, ses pensées, exacerbant à chaque apparition son mal-être et son désespoir. Par un banal hasard, Lamine se retrouve à un carrefour où le feu tricolore est au rouge.

En attendant son passage au vert, il interpelle une femme au volant de sa voiture et tente d’engager la conversation, en vain. Elle ne remarque pas sa présence. Et comme l’attente lui paraît longue, il s’embarque dans une rêverie, un voyage imaginaire dans lequel il déroule sa vie inaccomplie, depuis son enfance, jusqu’à l’étape de son émigration en Europe.

Il s’arrête sur ses échecs, ses désillusions, ses rêves, et se surprend à en sortir un flot de paroles et de discours qui le submergent comme un “orage du mois d’août” avec une violence qui n’a d’égal que la violence de sa vie.

Partir ou rester ? Tel est le dilemme qu’il n’arrive pas à trancher, balançant entre deux mondes a priori peu conciliables, et qui complique son choix pour l’un ou l’autre. Seule échappatoire, un voyage vers une autre destinée mais dont il n’arrive pas encore à en dessiner les contours. 

Et si seulement la petite dame au volant de sa voiture daignait lui rendre le salut et la politesse. Assurément, elle mettrait fin à sa folle réflexion et à son attente désespérée et désespérante. C’est la panacée et le remède pour tuer ses fantômes, voire ceux de son interlocutrice, à savoir. La chronique reste aussi silencieuse que bavarde et met en avant les rapports franco-africains, se côtoyant tous les jours depuis un siècle mais se parlant peu.

 

APS


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