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Culture / Culture

L’art pour défendre le féminisme à la galerie Aïcha-Haddad

Faty Fleur s’oppose à “l’horloge du temps”

Qui mieux qu'un œil féminin pour conter l’emploi du temps d'une vie de femme ? On aurait dit que le temps lui est compté et qu’elle doit arriver à temps vers les diverses étapes de sa vie, notamment vers le diplôme, et s’assagir ensuite dans le statut d’une fée du logis puis à l’inamovible place d’une mère au foyer qu’elle n’a pas toujours choisie. Est-ce à dire qu’elle n’a pas le temps de souffler ? Apparemment oui ! Puisqu’elle hâte le pas pour rattraper le temps qu’elle n’a pas ou qu’elle n’a plus durant le harassant parcours marathonien d’un périple de vie qu’elle n’a pas vu passer. Et au jour où elle s’accorde une pause à l’automne de sa vie, elle est déjà dans le portrait d’une douce grand-mère ou femme esseulée qui s’effiloche de sa grâce, de ses charmes et de ses plus belles années qu’elle n’a pas vécues. Ô comme la femme aurait voulu s’agripper aux aiguilles de l’horloge pour qu’elles n’avancent plus et implorer ainsi clémence auprès du temps “Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours !” (extrait du Lac d’Alphonse de Lamartine 1790-1869). Certes qu’il y a du bon dans le nid pétillant d’une vie de famille que la femme aime de tout son être ! Mais ce qu’elle redoute par-dessus tout, c’est le sort peu enviable de la solitude de l’arbre qui s’épile de ses feuilles automnales et qui se ramassent à la pelle, eu égard au poème de Jacques Prévert (1900-1977) qu’interprétait feu Yves Montand (1921-1991) sur une musique de Joseph Kosma (1905-1969). Bref ! C’est là le thème “La femme et le temps” de l’exposition de l’artiste peintre Boudekhana Fatma-Zohra à la galerie Aïcha-Haddad, où cet enfant de Yemma Gouraya (Béjaïa) s’insurge contre l’inexorable marche du temps que l’esprit bien-pensant d’une société machiste impose à la femme ! Courageuse, Faty Fleur hausse le ton de sa palette pour tenter d’inverser le cours de l’horloge de temps sur sa toile qu’elle a peinte à la technique mixte sur toile. “La femme vit avec l’anxiété d’être pile à l’heure aux audiences des études, du mariage et de la famille que lui réserve l’existence ! Sans quoi, la femme est mise à l’index par la famille et jetée à la vindicte des cancans du voisinage. D’où l’exigence d’en finir avec l’épreuve de l’horloge de sa vie, qu’elle doit vivre comme elle l’entend et comme une femme tout simplement”, a déclaré l’autodidacte qui est diplômée dans l’art de la céramique à l’issue d’une formation au CFPA d’Aokas, qui lui a ouvert la voie vers Le Caire et Charm Cheikh (Égypte). À ce titre, l’expo de l’artiste peintre Boudekhana Fatma-Zohra sied à la citation du poète Félix Lope de Vega y Carpio (1562-1635) : “L'âge passe comme le soleil qui laisse l'ombre derrière lui : le lever, c'est la jeunesse ; le coucher de l'astre, c'est la vieillesse.” Autres toiles d’intérêt, le “Miroir” de “Dziria”, où l’œil de derrière l’“Âadjar” (voilette) est protégé par le masque de Venise, sur lequel roule le ressac en relief des fragments d’étoffes de l’habit traditionnel, dont le karakou de l’Algéroise. D’où qu’il est requis de franchir sa “porte sarrasine” qu’elle garde ouverte pour ses visiteurs qu’elle attend jusqu’au 10 août à la galerie Aïcha-Haddad.


Louhal Nourreddine

 


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