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Guy Bedos réussit son quart d’heure d’humour à Alger

Tout passe à la moulinette avec cet humoriste qui n’a de cesse de dénoncer les dérives, de quelque bord qu’elles soient. Tous les thèmes qui font l’actualité aujourd’hui sont repris, raillés et, surtout, commentés avec toujours un incroyable talent et une écriture qui font non seulement rire, mais également réfléchir.

L’humoriste français, Guy Bedos, a présenté mardi soir, à la salle Ibn-Zeydoun (Riadh El- Feth), son spectacle Rideau ! (programmé pour trois dates à Alger), qui s’inscrit dans le cadre de sa tournée d’adieu – même s’il laisse sous-entendre qu’il recommencera si tout se passe bien. Dans Rideau !, “il y [a] des textes nouveaux et d’autres peu connus. Il y [a] deux tubes…”.
D’emblée, Guy Bedos lancera à l’adresse du public : “‘Encore moi !” Effectivement, encore lui, et en pleine forme, puisqu’il a souligné que les résultats de son “check-up” étaient excellents. Donc, tout va bien pour Guy Bedos qui a exprimé sa joie et sa grande émotion de venir en Algérie, la terre qui l’a vu naître, pour jouer son spectacle pour la première fois. Pour rappel, l’événement, placé sous l’égide du ministère de la Culture et organisé par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), a drainé une grande foule.
La salle affichait d’ailleurs complet. Face à un public conquis, Guy Bedos, 79 ans, enchaînera les vannes et les mots d’esprit, en commençant par nous expliquer que la scène est sa thérapie. Après nous avoir rassurés sur sa santé physique et mentale, l’artiste nous entraînera dans une histoire de famille assez fantasque et fantaisiste, dans laquelle, même Freud se retrouverait démuni et sans voix. Plus tard, Guy Bedos, qui poussera la conscience sociale jusqu’à proposer de rembourser l’assistance, fera sa formidable “Revue de presse”.
Muni de ses fiches, il passera en revue l’actualité française, mais pour l’Algérie, il a adapté un tout petit peu cette revue de presse, en s’intéressant à “[son] ami” Yasmina Khadra qui a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle en 2014 (“Mejnoun”, lancera-t-il avec une pointe d’ironie), et en interrogeant l’assistance sur l’état de santé du président de la République (tout en se demandant pourquoi a-t-il fallu qu’il aille se soigner en France).
Pour le reste de la revue de presse, on a eu droit à une fine analyse de l’actualité française et internationale, et tout le monde est passé à la moulinette : la gauche, la droite, Marine, Sarkozy, Hollande, Mélenchon, l’ouverture, le chômage, les Roms, les guerres et autres conflits qui ravagent notre monde. Guy Bedos s’indigne, commente, raille et s’amuse sur scène avec un texte percutant, un humour parfois acide et un incommensurable talent. Des éléments qui permettent à l’artiste de mettre en avant la bêtise humaine.
L’humoriste, qui répétera sur la scène d’Alger son célèbre aphorisme (plein de justesse et de vérité), “L’humour est une langue étrangère :
pour certains, il faudrait rajouter des sous-titres”, affichera sa haine du racisme et de toutes les autres dérives. Bien que la mort soit toujours présente dans son spectacle et qu’il l’évoquera à plusieurs reprises, il s’adonnera tout de même à un jeu fascinant dans lequel il imaginera dans un sketch la mort des spectateurs.
À tuer de rire ! Après sa remarquable sortie de scène, Guy Bedos reviendra pour une ultime complainte, un poème, La vie est une comédie italienne, un texte puissant qui résume parfaitement l’humour à la Guy Bedos. Émotion. Standing ovation. Rideau !


S K