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Culture / Culture

“Le serviteur de l’auberge du lointain” revient

Hommage à Marcel Bois à la librairie Chaib-Dzair

Marcel Bois est décédé le 4 juin dernier © D.R.

Les habitués de la librairie Chaib-Dzair (Alger) sont venus nombreux à cet hommage rendu à Marcel Bois, cet Algérien au béret basque, au sourire chaleureux et au regard généreux qui a fait tant pour l’éducation nationale et la littérature algérienne d’expression arabe.

Soulagés de vivre cette reprise et contents de faire revivre le parcours d’un homme de lettres et de paix qui vient de nous quitter, mais dont le souvenir restera à jamais marqué dans le cœur et l’esprit des Algériens, les habitués de la librairie Chaib-Dzair d’Alger-Centre sont venus nombreux à cet hommage. Un bel hommage rendu à Marcel Bois, cet Algérien au béret basque, au sourire chaleureux, au regard généreux qui a fait tant pour l’éducation nationale et la littérature algérienne d’expression arabe. En effet, dès qu’il s’installa à Alger en 1961, il contribua à l’essor de l’enseignement en intégrant le lycée El-Mokrani de Ben Aknoun pour y enseigner le français. Et quelques-uns de ses élèves étaient là pour témoigner de ces belles années de lycée qui leur ont fait découvrir un professeur dévoué et un homme de cœur. Un professeur qui les suivait de près et les aidait au mieux pour décrocher leur bac, toutes matières confondues, qui s’impliqua entièrement pour leur ouvrir cet espace-bibliothèque au  quartier de Bab El-Oued ; cet homme de cœur qui s’inquiétait de l’absence de ses élèves et qui, les sachant malades, se rendait à leur chevet comme en témoigna cette dame avec émotion. Marcel Bois, c’est aussi ce parfait bilingue qui ne se contenta pas du français comme langue de communication et de vie au quotidien, mais qui la dépassa en s’abreuvant de la langue arabe qu’il chérissait particulièrement et qu’il manipulait tant et si bien qu’il se mettait à niveau et parfois dépassait les “vrais” arabisants. De l’avis de beaucoup de lecteurs, c’est en grande partie grâce à ses traductions que non seulement la fissure entre arabisants et francisants disparut en quelque sorte, mais aussi et surtout que la littérature algérienne d’expression arabe dépassa nos frontières et fut connue à l’international. N’est-ce pas Marcel Bois qui enseigna la traduction - traductologie - au sein de la faculté d’Alger et qui transgressa cette coupure linguistique en donnant à lire à ses étudiants, puis aux divers lecteurs par la suite, les fabuleux textes de Abdelhamid Benhaddouga, Tahar Ouettar, Wassiny Laaredj et Brahim Saâdi. Et grâce à ce travail méticuleux d’un traducteur qui recherchera, dans chacune de ses translations, la perfection du mot juste pour traduire, non seulement le sens juste du mot, mais l’esprit juste de la pensée de celui qui a rédigé ce mot, le lectorat francophile apprendra à connaître la richesse de sa littérature d’expression arabe, source d’une beauté et d’un talent peut-être jusque-là insoupçonnés ; il dira à ce propos dans un entretien accordé à un média audiovisuel : “Je parlerais volontiers du bonheur de traduire. Les hommes qui s’expriment dans une autre langue que la nôtre représentent une part d’humain que nous ne posséderons jamais. Et c’est enrichir notre vision du monde que de faire partager ces richesses par la traduction.”
Certains lecteurs iront même jusqu’à dire que parfois sa traduction dépasse de beaucoup en beauté le texte originel. C’est dire son talent de lecteur, de récepteur, puis d’émetteur. Et la chose n’est pas aisée. Au-delà de cette facette intellectuelle et littéraire, le défunt abbé Marcel Bois était et restera aux yeux de tous, notamment ses compagnons présents à cet hommage, frères François et Jean, un homme foncièrement bon, un humaniste, un juste, une âme généreuse, un homme humble et simple, un amoureux de l’Algérie qu’il n’a pas voulu quitter malgré la tragédie de la décennie noire. Marcel Bois fut cet homme unificateur, ce lien religieux et spirituel, cette âme profonde et généreuse qui a toujours œuvré pour l’égalité, le partage, la tolérance et le vivre-ensemble dans la paix et la fraternité.    


Samira Bendris-Oulebsir
 


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