A LA UNE / Culture

EXPOSITION COLLECTIVE AU CENTRE SCIENTIFIQUE ET DE LOISIRS D’ARTS ET CULTURE

Honneur à la miniature et l’enluminure algériennes

Des tableaux de différents artistes sont accrochés aux murs blancs de cet espace, lui conférant une touche quasi magique, tant par le cachet spirituel que dégagent ces toiles que par la beauté, la finesse et la précision du travail et de l’exécution.

Deux disciplines artistiques plastiques très répandues en Algérie, qui ont leurs maîtres en la matière. Deux disciplines mal exploitées, mal mises en avant, malgré un engouement de plus en plus grandissant de la part d’une jeunesse qui se veut la relève, reprenant le flambeau de cet art, y introduisant des touches de modernisme, des visions un peu futuristes dans la forme, sans pour autant altérer le fond. Il s’agit de la miniature et de l’enluminure.
A cet effet, les responsables de l’espace d’exposition au niveau du Centre scientifique et de loisirs d’arts et culture sis à Alger-Centre, ont organisé une exposition rétrospective – si l’on peut la qualifier de telle – de cet art.
Dans un premier temps, cet événement entrait dans le cadre des activités culturelles du mois de Ramadhan dernier, célébrant par la même occasion la Journée nationale du moudjahid. Ne devant durer que quelques jours, les organisateurs ont eu l’ingénieuse idée de la prolonger jusqu’au 10 septembre 2011, voire plus, vu l’intérêt et la curiosité que ces œuvres ont suscités.
Des tableaux de différents artistes versés dans la miniature et l’enluminure sont accrochés sur les murs blanc de cet espace, lui conférant une touche quasi magique, tant par le cachet spirituel que dégagentces toiles, que par la beauté, la finesse et la précision du travail et de l’exécution. L’œil averti peut déceler deux types de miniatures, voire deux écoles. Celle des anciens, communément appelés les doyens, qui ont porté haut cet art, lui donnant ses lettres de noblesse, et puis celle de la miniature moderne, survenue à partir des années 1990.
C’est un travail qui s’inscrit dans la continuité avec des approches et des conceptions plus épurées, s’inspirant du passé et du présent algériens. Des thèmes tirés de l’histoire de l’Algérie, à l’image de Nadia Bensaïd avec le Soulèvement de Fadhma n’Soumer. Un tableau qui a transgressé les règles, osant rompre avec ce qui se pratiquait avant. Un sujet qui n’a aucune relation avec la reproduction des versets coraniques, ni les représentations florales ou les scènes de palais arabes ou perses. Le sujet de cette artiste retrace l’épopée de l’une des figures de proue de la résistance algérienne contre le colonialisme français : Lalla Fadhma n’Soumer. Cette transgression est également perceptible chez Amar Zaïdi qui a reproduit les Hommes Bleus dans le désert de l’Ahaggar.
Par ailleurs, la beauté et le raffinement dans le travail des doyens sont remarquables. À l’image de Mohamed Ghanem, on lui découvre une autre corde à son arc : celle de céramiste, Mohamed Mokdani, Ali Kerbouche, Mokadem, Noureddine Rekab, Abderrezak Mezouan et biens d’autres. Si les thèmes des œuvres appartiennent au classicisme d’avant 1990, il n’en demeure pas moins qu’ils tranchent tant par l’intensité des couleurs que par la fluidité de la forme. Des tableaux faisant étalage d’un savoir-faire incontestable, à maintes reprises justifié. Un travail rappelant ce de l’orfèvrerie : délicatesse et finesse. A signaler que la plupart des œuvres accrochés proviennent du fonds du patrimoine de la ville d’Alger. Des œuvres anciennes qui ont résisté aux affres du temps, survécu à l’usure, demeurant intactes, hormis quelques tâches jaunâtres, voire brunes, marquant leur ancienneté. Deux écoles qui se complètent, deux approches parallèles ayant pour point commun deux disciplines : la miniature et l’enluminure, et pour but la promotion et la sauvegarde de ces arts.