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Culture / Culture

Ils représentent un patrimoine folklorique en déperdition

Idebbalen se produisent pour la première fois à Montréal


En dépit d’un enracinement socioculturel profond, les troupes folkloriques appelées Idebbalen peinent de nos jours à perpétuer leur art, en ce sens que les tambourins se retrouvent bousculés par les DJ et leurs boîtes à rythmes qu’on sort à grands renforts dans les salles des fêtes. Avec la démocratisation du DJ lors des fêtes de mariage ou de circoncision, notamment dans les villages kabyles, Idebbalen ont pratiquement disparu des radars. Sauf quelques irréductibles qui résistent encore à cet effet de mode qu’on peut croiser dans le seul café qu’ils fréquentent sur la place de Tizi. Pourtant, les tambourins étaient associés à chaque moment de joie, que ce soit en Kabylie ou en Algérie et plus prosaïquement en Afrique du Nord. Et ceci, depuis des lustres. 

Lors des fêtes de mariage, idebbalen étaient incontournables pour ainsi dire, notamment dans les cortèges nuptiaux. Jadis, à dos de cheval et maintenant à bord de carrosses flambant neufs et aux couleurs bariolées. Leur spectacle est fait de cérémonial qui renseigne sur la joie qu’apportent ces artisans du tbel à la communauté. Les sonorités sorties des entrailles de la terre nourricière invitent à des déhanchements électriques, tandis que le tambourin en chef répond par un “ahuzzu tuyat” d’anthologie dans une grâce céleste qui réhabilite la danse en tant qu’art à part entière. Cet art que des intégristes ont voulu proscrire au grand dam d’une jeunesse voulant vivre son temps. Le spectacle des tambourins se déroule toujours dans une ambiance de haute voltige qui ne laisse personne indifférent. C’est ainsi que les spectateurs ne se font pas prier pour envahir la piste de danse. 
À une certaine époque où les chirurgiens ne couraient pas les rue, Idebbalen s’occupaient également de l’acte de circoncire les enfants. Ailleurs, à Marrakech par exemple, le vocable Idebbalen prend une autre terminologie : la Deqqa (frappe rythmée des mains). Tout comme en Kabylie, les tambourins portent la même tenue traditionnelle. Ce folklore ancestral qui est aujourd’hui menacé de disparition a trouvé ses défenseurs, lesquels cherchent à le réhabiliter. 
C’est ainsi que les tambourins kabyles vont se produire pour la première fois au Québec, à l’invitation de l’organisme Art et Culture Montréal (ACM). Le spectacle aura lieu samedi 23 novembre au théâtre Le Château de Montréal. Ce spectacle, unique en son genre dans cette contrée nord-américaine, inspire beaucoup de nostalgie à notre communauté émigrée. De la bonne ambiance en perspective…  
 

De Montréal : Yahia Arkat



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