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Culture / Culture

Pour la création d’une industrie cinématographique

“Il faut penser à l’élaboration d’un modèle économique en Algérie”

Salles fermées, absence de sponsors, inexistence de formation et de distributeurs, ce sont là les principales contraintes de la production cinématographique en Algérie depuis des décennies déjà. Cette situation a freiné beaucoup de jeunes cinéastes pour la concrétisation de leurs projets. D’ailleurs, durant ce Ramadhan, le constat était flagrant. Le cinéma DZ est en souffrance.
En effet, les manifestations organisées dans le cadre du mois sacré ont été, pour la majorité, des concerts de musique, conférences et quelques représentations théâtrales. Et le seul évènement consacré au 7e art était celui des “Nuits du cinéma”, initié par le distributeur MD Ciné, en collaboration avec l’établissement Arts et Culture. Cette manifestation qui attire un public nombreux depuis trois ans est due à la qualité des films proposés, à savoir les dernières sorties US, à l’exemple de Solo de la saga Star Wars, les Marvel… Quant aux films algériens, on retrouve seulement trois œuvres En attendant les hirondelles, de Moussaoui, Jusqu’à la fin des temps, de Chouikh, et Certifié Halal, de Zemmouri, sur les 18 projetés lors de cette troisième édition.
Cette déplorable situation du cinéma algérien a  déjà été dénoncée, et à plusieurs reprises. Des voix s’étaient élevées pour essayer de faire bouger les choses. À l’instar de deux jeunes producteurs qui ont tenté d’apporter des solutions et de proposer des alternatives pour sortir ce secteur du gouffre, et ce, lors de la rencontre “La place du partenaire économique dans le financement du cinéma”, lors du dernier Salon de la créativité. Les conférenciers n’étaient autres que Yacine Bouaziz (producteur) et Salem Brahimi (producteur-réalisateur), qui d’emblée  ont suggéré la création d’un modèle économique en Algérie et le cinéma doit en faire partie. Est-ce normal que les films soient faits avec l’argent du peuple, et que ce dernier ne puisse pas les voir ? À ce propos, Yacine Bouaziz avait expliqué que “le modèle économique est une chose qu’on doit faire exister tous ensemble, notamment entre les investisseurs, les institutions étatiques, les artistes, les techniciens… afin que le public puisse avoir accès à une culture de qualité et une culture algérienne”. Pour sa part, Salem Brahimi avait poursuivi dans le même sillage qu’“en l’absence d’un modèle économique véritable fait de transactions, je pense qu’il y a quelque chose de pervers qui s’est installé dans nos esprits, car nous sommes devenus à l’attente de la bienveillance de quelqu’un : l’État, un sponsor, un mécène…”. Tout en précisant : “Je trouve que c’est indigne de notre part ! Car attendre le bon vouloir d’une personne ce n’est pas professionnel. Un professionnel vit de son métier et le fait dans un cadre où il y a un modèle économique.” Sur ce sujet, les conférenciers ont jugé qu’“un artiste ne devrait pas avoir un seul guichet qui est l’État, car cet assistanat n’a apporté que de mauvaises choses”. Tout en interrogeant : “Comment pouvons-nous être souverains si notre imaginaire est capturé et devons à cet effet modeler nos esprits selon un regard sur le monde que d’autres nous imposent ?”
Par ailleurs, dans l’objectif de sortir des griffes de l’État pour le financement des films, les producteurs tentent tant bien que mal d’appâter des sponsors privés. “C’est difficile, il faut trouver les bons arguments avec le problème de salles fermées et de visibilité, la question qui revient le plus souvent : pourquoi investir dans un film ?” Selon Yacine Bouaziz, il faudrait que les sponsors soient aussi des citoyens et “investir dans la culture est un prestige. Un prestige d’accompagner un film de cinéma, car on participe à la pérennité de notre identité et culture”. Outre les problèmes d’ordre financier, ce secteur pâtit d’autres obstacles, inexistence de centres de formation, de distributeurs, de salles, et de professionnalisme… Une situation qui empêche la création d’une industrie cinématographique et l’émergence de la nouvelle vague de réalisateurs de talent !

H. M.


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