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Culture / Actualités

L’islamologue SaÏd Djabelkhir à propos de la vie et l’œuvre de Mohamed Arkoun

“Il voulait libérer l’islam de son carcan idéologique”

L’écrivain Saïd Djabelkhir. ©D. R.

Invité de l’Association culturelle des amis du livre de Bouira, l’écrivain et islamologue Saïd Djabelkhir est revenu sur la pensée du philosophe Mohamed Arkoun au sujet des textes religieux, notamment le saint Coran.

L’islamologue et écrivain Saïd Djabelkhir a résumé la pensée du penseur et philosophe Mohamed Arkoun au sujet des textes religieux, notamment le saint Coran, en estimant que ce dernier “n’est pas une valeur absolue, mais il est sujet à la relativisation”. Djabelkhir, qui était l’hôte de l’Association culturelle des amis du livre (ACAL) de Haïzer à Bouira, laquelle a organisé un colloque sur la vie et l’œuvre de Mohamed Arkoun, a préconisé un retour aux sources du texte révélé. Pour cet islamologue, Mohamed Arkoun, à travers ses œuvres et ses écrits, notamment dans son livre Pour une critique de la raison islamique, a tenté de réformer une pensée hermétique et sclérosée de l’islam, non comme il a été révélé, mais comme il fut retranscrit et scellé dans le Moshaf d’Othman ibn Affan, le troisième calife de l’islam. “Le Coran que nous connaissons aujourd’hui n’est pas celui qui a été révélé et je ne dis point qu’il a été falsifié !”, a-t-il insisté. Et de poursuivre : “Le Coran n’a pas été falsifié au sens littéral, je ne l’ai jamais dit et pensé. Il a été accommodé à une certaine période, puis il a été figé dans le temps et sacralisé dans sa version la plus archaïque”, expliquera ce spécialiste des théologies. Selon lui, pour que le texte révélé au prophète (QSSSL) soit en adéquation avec la modernité, il faudrait qu’il soit “libéré” de la valeur absolue qui ne serait pas la sienne d’après Saïd Djabelkhir. “Les penseurs des lumières tels que Mohamed Arkoun, qui a œuvré toute sa vie pour délivrer ce texte des manipulateurs en tout genre et autres exégètes qui ont interprété le Coran à leur guise et en ont fait un instrument idéologique”, notera le conférencier. “Arkoun considère le Coran texte historique qui interagit avec son environnement direct et les changements de l’époque. Il n’est point un texte verrouillé, hermétique et figé (…) Selon Arkoun, le texte révélé a été dénaturé lors de son passage de l’oral à l’écrit”, soulignera l’orateur. Mieux encore et en citant Arkoun, Djabelkhir explique que le Coran a été “instrumentalisé” à des fins politiques, dans le but, selon Mohamed Arkoun, de “légitimer le gouvernant” d’une période donnée. Ainsi et à en croire Saïd Djabelkhir, qui traduit la pensée d’Arkoun, “Moshafet” le Coran, autrement dit le “verrouiller” dans un livre, n’aurait pas été innocente, mais elle obéissait à des fins politiques. “Il ne faut pas croire que les califes de l’islam étaient des saints. Ils étaient des hommes avec leurs qualités et défauts et des ambitions personnelles et politiques… C’est pour cela que la notion de relativisme est très importante pour Arkoun.” Lors de séance des débats, les présents, essentiellement des jeunes, ont soulevé la question du voile dans l’islam et son caractère obligatoire. À cette interrogation, cet islamologue a été on ne peut plus catégorique. “Non ! Le port du voile n’a jamais été obligatoire en islam”, a-t-il affirmé, avant de raconter la genèse, selon lui, du verset coranique qui cite le voile. “Du temps du Prophète Mohamed (QSSSL), ses femmes, quand elles allaient faire les besoins biologiques en dehors de Médine, étaient harcelées par des voyous de l’époque. Se plaignant au Prophète, ce dernier a décrété que les femmes libres (non esclaves) devaient se voiler pour être distinguées et ne plus être harcelées et par la suite une sourate a confirmé la recommandation du messager de Dieu”, expliquera ce spécialiste. De ce fait, selon lui, le texte révélé n’a jamais comporté la notion d’obligation du port du voile. “Ce n’est que par la suite que cette sourate a été généralisée et instrumentalisée à des fins de suprématie masculine (…) C’est pour cela qu’il est primordial de relativiser le Coran, car au fil du temps, son aspect spirituel et universaliste a été galvaudé par des considérations politiques et idéologiques”, a-t-il conclu.

RAMDANE BOURAHLA


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