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Culture / Culture

Assassiné dans sa chambre à l’INA en 1993

Il y a 27 ans disparaissait le poète Youcef Sebti

© D.R

Youcef Sebti est l’un de ces poètes que le monde intellectuel algérien n’oublie pas. Il y a 27 ans, en cette triste et dramatique nuit du 27 au 28 décembre 1993, des terroristes lui ont ôté la vie dans son appartement, situé dans une ferme attenante à l’INA d’El-Harrach (Alger), où il vivait seul en célibataire. Sa mort dans ces circonstances dramatiques est restée tel un tragique événement, qui a vu l’un des plus brillants hommes de lettres et de culture disparaître par la faute d’une décennie de mort et d’assassinat d’intellectuels.

Youcef Sebti, qui n’avait que 50 ans à sa mort, était pourtant cet homme solitaire, à l’allure calme et sereine. Poète et intellectuel, il était enseignant chercheur dans la sociologie rurale, à l’INA d’El-Harrach. L’homme est né le 24 février 1943 dans une bourgade rurale du nom de Boudious à El-Milia (wilaya de Jijel), ville qu’il portait dans son cœur.

Dans l’une de ses œuvres poétiques, Youcef Sebti a décrit les crues de l’oued El-Kébir traversant cette ville avec des vers poignants. “Il se peut que l’oued El-Kébir déborde, qu’il envahisse vallées et plaines, qu’il emporte chênes, oliviers, troncs, qu’il recouvre de sa boue les terres ; qu’il rejette de son ventre des poissons inertes”, déclame-t-il dans sa description de cet oued, aujourd’hui dénaturé par une industrialisation de sa vallée. Le poète n’aura pas également assisté à la transformation de son Boudious natal, lui aussi dénaturé sous la furie d’une arrogante avancée du béton.

En ce 27e anniversaire de sa disparition, Youcef Sebti semble tomber dans un certain oubli de la part de ses amis et intellectuels qui le côtoyaient, alors qu’il était ce poète engagé qui faisait partie de l’une des premières promotions d’ingénieurs agronomes de l’Algérie post-indépendance. En plus de son parcours poétique et scientifique d’enseignant-chercheur, Youcef Sebti faisait partie de l’association Al Djahidia que présidait l’écrivain Tahar Ouettar à laquelle il participait activement. 

 

 

Amor Z. 


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