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A la une / Culture

Suite au dérapage de Hamidou Messaoudi sur une chaîne télé privée

“Je n’accepterai jamais qu’on me traite d’intégriste ou de salafiste”

©Yahia / Liberté

Suite à l’appel au boycott du prochain Salon international du livre d’Alger (SILA) pour les propos “misogynes” du commissaire, Hamidou Messaoudi s’explique.

Après son passage télé sur une chaîne privée, le 20 septembre, Hamidou Messaoudi, commissaire du Salon international du livre d’Alger (Sila), a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. Entre indignation et stupéfaction, de nombreux intellectuels (écrivains, éditeurs, artistes, militants…) et lecteurs ont signé un appel au boycott du Sila (du 26 octobre au 5 novembre) pour ses propos “misogynes”.   
Contacté par Liberté, Hamidou Messaoudi a expliqué : “Mes propos ont été mal interprétés !” Au sujet du fascicule Frapper son épouse : une solution pour les problèmes conjugaux ? de Abdelhamid Ahmed Abou Souleiman, le commissaire raconte : “J’ai répondu au journaliste sur la question de l’interdiction de ce livre au Sila. Et avec humour, j’ai expliqué que j’avais demandé à l’éditeur de ramener un livre sur comment frapper mon mari ?” Tout en précisant : “Il y a beaucoup d’hommes qui violentent leurs femmes. Ils devraient lire ce fascicule pour apprendre à être cléments avec elles.”
Selon le commissaire, le titre n’a rien “à voir avec le contenu”, et qu’il “prête à confusion”. Questionné sur la fameuse phrase : “Certaines épouses frappées par leurs maris semblent avoir été percutées par un camion”, il nous a informé que “mes propos ont été mal interprétés ! J’ai défendu la femme, tout en précisant que des hommes devraient lire cet ouvrage car son contenu n’a rien à voir avec le titre”. Sur le ton de l’exclamation, notre interlocuteur souligne : “Peut-être que j’ai été maladroit dans la manière de dire les choses ?”
Concernant l’appel au boycott, il estime que “nous sommes en 2017, il y a la démocratie, la liberté d’expression, chacun son opinion, et je respecte cela”. Tout en s’insurgeant : “J’ai eu le courage de m’excuser (dans un communiqué de presse publié mercredi, ndlr), mais je n’accepterai jamais qu’on me traite d’intégriste ou de salafiste. C’est inacceptable.” Tout en concluant : “L’extrait de la vidéo de cette chaîne était provocant et ne reflétait pas ce que j’ai dit !”
À noter que dans cette lettre publiée sur facebook, les signataires dénoncent : “La femme algérienne a déjà trop d’ennemis, de bourreaux et de tuteurs pour fermer les yeux sur une énième banalisation des horreurs subies (…) Les violences faites aux femmes n’ont pas besoin d’un coup de pouce supplémentaire, qui plus est venant d’un haut responsable culturel.”   
Il est mentionné également que “le boycott sera une réponse à ce que nous considérons comme une atteinte aux principes fondamentaux du respect de la personne humaine, une insulte à des années de combat féministe et un crachat sur les tombes de toutes celles qui ont été égorgées, battues, violées, kidnappées, maltraitées ou détruites psychologiquement, parce que femme”.
Maladresse ou mauvaise interprétation, ces propos représentent un gros dérapage sur une question sensible touchant à la vie et à la dignité humaine. Un réel débordement ne peut être acceptable d’une personne à la tête de l’un des plus grands événements culturels en Algérie.   

H. M.


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