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Culture / Culture

Ricardo Nicolai, auteur italien

“Je voulais que Ali Bitchin vive à nouveau à travers mes romans”

© D.R

Ricardo Nicolai est né à Massa (Toscane) en Italie. Après des études en littératures étrangères, il enseigne l’écriture créative et exerce actuellement le métier de libraire. Auteur d’un premier ouvrage sur Ali Bitchin — grand Amiral, ayant construit une luxueuse mosquée à la basse Casbah —, publié d’abord en Italie, puis en Algérie en 2017 intitulé “Ali Bitchin, pour l’amour d’une princesse” (éditions Koukou). Il vient de sortir un second roman sur ce personnage si singulier, qui est en cours de traduction pour une prochaine publication en Algérie.

Liberté : Après Ali Bitchin, pour l’amour d’une princesse, vous venez de publier un autre livre sur ce même personnage. Pourquoi cet intérêt ?
Ricardo Nicolaï :
Un soir d'été de 2007, pendant une visite au château de la ville de Massa, j'ai entendu parler pour la première fois de la fabuleuse histoire de Ali Piccinin (de son nom italien). Le guide racontait que l'enfant âgé de 10 ans, qui avait été capturé par les barbaresques d’Alger, était devenu Pacha d'Alger. Cet enfant venait du village de Mirteto de Massa (où je suis né et où j'habite actuellement) et je me suis senti immédiatement impliqué dans cette aventure ; je peux même dire que je me suis senti un peu Ali Bitchin…

Dans ce second roman, il est question d’un certain Emmanuel. Qui est-il ?
Il y a quelque temps, j'étudiais des documents sur la langue franque barbaresque, et j'ai retrouvé par hasard un mémorial écrit par Emmanuel d'Aranda, un bourgeois de Bruges capturé à Dunkerque, emmené à Alger et acheté par l'amiral Ali Bitchin. C'est quand j'ai lu les dialogues entre Emmanuel et Ali, entre Lallahoum (épouse de Ali) et Emmanuel que j'ai pensé que Ali était encore en vie, ou du moins, je voulais qu’il vive à nouveau. Et c’est à partir de là que je me suis mis à écrire cette histoire si fascinante. Ce second roman commence à la mort de Ali. Nous sommes en 1645. Car, après la mort du Pascià (pacha) je me suis posé des questions : qu'est-ce qui s’est passé à Alger après la 
mort de Ali ? Qu’est-il arrivé à sa femme Lallahoum et à son fils Chalabi ? Et c’est justement Emmanuel d'Aranda qui répond à ces questions et qui nous rapporte ce récit qui se passe entre Massa et Alger.

Votre première visite à Alger remonte à 2015. Parlez-nous de ce voyage...
En effet, je suis venu à Alger pour la première fois au mois d'octobre 2015. J'avais déjà écrit le roman sans l'avoir encore publié. J'étais parti à Alger parce que je voulais faire un voyage sensoriel ; j'avais besoin de nourrir ma vue, mes oreilles, mon odeur, je sentais la nécessité de remplir mon intérieur du ciel d'Alger, de la vision de la baie, de La Casbah “la ville blanche” ; cela fut éblouissant. J'ai recherché les traces du passage de Ali : j'allais tous les jours au palais des Raïs, à la mosquée de Ali Bitchin, dans le souk, je me baladais dans la haute Casbah, je visitais la mosquée de Sidi Ramdane. Cela fut une expérience fondamentale pour comprendre “mon” Ali dans ce monde qu'il ne connaissait pas du tout.

Votre métier de libraire vous a-t-il aidé dans ce choix d’écriture ? Et pourquoi ce choix de métier justement ?
J'ai étudié les littératures étrangères à l'université de Pise. Une fois mes études terminées, j'ai commencé mon boulot de libraire, ce qui m'a beaucoup aidé dans ma “croissance culturelle”. J'ai écrit dès mon enfance des récits sans jamais rien publier ; c'est avec Ali Bitchin que j'ai eu le déclic et l’envie de me faire éditer. 

Une pièce a été montée à partir de votre roman. Comment a-t-elle été perçue ?
C'était monumental. Dans la version mise en scène à Massa (il y avait 40 acteurs sur la scène), c'était touchant dans la version mise en scène à Alger en novembre 2018 avec un casting algérien. Le succès était énorme. Une tournée était prévue en Algérie pour le printemps 2019, mais à cause (ou bien grâce) au Hirak, cela n'était plus possible.

Un mot sur la réception de votre second ouvrage Io, Emmanuel. Servitore di Ali Piccinin (Moi, Emmanuel. Serviteur de Ali Bitchin) qui vient de paraître en Italie, et sera-t-il traduit et édité en Algérie ?
Déjà, lors de la parution du premier roman en Italie, les lecteurs étaient ravis et m’ont remercié pour leur avoir fait découvrir un monde, une société et une histoire fascinants. Et ils étaient curieux d’en savoir plus. Ainsi, la présentation, cette semaine, de ce second roman a vu une présence massive de personnes venues découvrir la suite qu’ils attendaient depuis 5 ans. J’avoue que je suis à la fois satisfait et ému par leur réaction. J’espère qu’il en sera de même lors de sa sortie en Algérie, car ce roman est en cours de traduction en français par un traducteur algérien et il sera édité bientôt en Algérie, inchallah… Et je tiens à signaler que le 4 mars 2022, la mosquée Ali Bitchin fêtera ses 400 ans. Et dans ma ville, le monde de l'art, de la culture et de la littérature se prépare déjà pour fêter les “Lions des mers”.

 

 

Propos recueillis par : Samira Bendris-Oulebsir


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