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Culture / Culture

Il y a trente ans s’éteignait le père de “Nedjma”

Kateb Yacine, le libre-penseur

© D. R.

Le 28 octobre 1989 disparaissait Kateb Yacine, un pan de notre patrimoine qu’il est requis de parler sans commune mesure autour de son itinéraire.

Il y a trente ans, les sunlights s’éteignaient de concert autour de Nedjma (éd. du Seuil, 1956) et sur l’historique fresque théâtrale L’homme aux sandales de caoutchouc (1970) qui a été adaptée du roman de Kateb Yacine (1929-1989). Natif de Hammam N'bails (Guelma), ce petit-fils de Bach Adel à l’ex-Condé-Smendou (actuelle Zighoud-Youcef) a hérité de l’éloquence orale de la robe noire de son père qui était avocat.  Et alors qu’il était à peine plus haut que trois pommes, qu’il avait déjà à la main une plume taillée dans le roseau à l'école de Sedrata où il s’abreuvait dès 1934 aux saintes écritures du Coran. 

N’était-il pas le “Kateb” ou l’écrivain qui allait illuminer Nedjma au-dessus des Aurès meurtris ? Et à l'école française de Jules-Ferry (1832-1893) à Lafayette (actuelle Bougaâ) qui déclarait à la Chambre constitutionnelle : “Si nous avons le droit d’aller chez ces barbares, c’est parce que nous avons le devoir de les civiliser... Il faut non pas les traiter en égarés mais se placer au point de vue d’une race supérieure qui conquiert.”

Ce à quoi Jules Maigne (1816-1893) lui rétorque : “Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme ?” Et de Bougaâ au lycée Mohamed-Kerouani (ex- Eugène-Albertini 1880-1941) à Sétif en 1941, Kateb Yacine s’insurgea contre l’égarement de l’occupant français et de l’aliénation de sa francophonie en ces termes : “J'écris en français pour dire aux Français que je ne suis pas français” (1966).

Pis, Kateb Yacine a souffert de l’exil linguistique qui l’a éloigné de sa mère avec laquelle il conversait en arabe algérien. En effet, la scolarisation à l’école de Jules Ferry a été à l’origine de la perte de ses repères et la brisure avec les siens avec lesquels l’auteur de L'Œuvre en fragments (Sindbad 1986) avait tant à partager.

D’où l’optique de ce portrait pour y raviver l’étincelle autour de l’œuvre de Kateb Yacine et sur l’univers fétiche de Nedjma qu’il est temps qu’elle aille aussi à l’école, comme il est également grand temps de mettre fin à l’oubli qui assiège l’homme à l’aide du Cercle des représailles (éd, du Seuil, 1959). Ne serait-ce qu’eu égard à l’homme qui brûlait de l’encens pour sa terre et surtout pour l’amour qu’il voue à la mère, la fille et l’épouse au motif Parce que c'est une femme (1972) qui lui a inoculé au sein maternel l’amour pour tamazight.

Plus qu’un personnage, Kateb Yacine est un pan de notre patrimoine qu’il est requis de parler sans commune mesure autour de son itinéraire. Ne serait-ce que pour apaiser l’ire de nos aïeux, car “Les Ancêtres redoublent de férocité” (collection TNP, 1967) s’ils connaissaient le sort peu enviable qui est réservé à l’aura du Cadavre encerclé. Celui-là même qui a été spolié de son enfance, de ses rêves utopiques châtiés dans le sang de la tragédie du 8 Mai 1945. 

Donc, autant ne pas courroucer aussi “Mustapha, Lakhdar, Rachid et Mourad” de la tribu des Kbeltiya, ces prétendants à la lumière de Nedjma qui, du haut où ils sont, veillent sur le totem de Kateb Yacine au-dessus duquel brille Le Polygone étoilé (éd. du Seuil, 1966), où est gravé à dessein l’œil d’un visionnaire qui a auguré d’un Mohamed, prends ta valise (1971) dans le style harraga.

Et puisqu’on est dans l’évocation, n’est-il pas temps de hisser au rang de musée sa chambre qu’il partageait avec ses compagnons, l’artiste peintre M'hamed Issiakhem (1928-1985) et le révolutionnaire Ali Zamoum (1933-2004) à l’ancien centre de vacances de Ben Aknoun ? L’appel sera-t-il entendu ?
 

Louhal Nourreddine

 


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