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Culture / Culture

Alors que le ministre de la culture confirme la fermeture de la salle de cinéma Zinet

Khoudja : “Si on avait des DCP, on ne diffuserait pas des films piratés”

Après la fermeture de Mohamed-Zinet de l’Oref, le gestionnaire de la salle, Sofiane Khoudja, revient sur les raisons de cette décision.

“L’Office Riadh El-Feth annonce la fermeture pour une période d’un mois de la salle de cinéma Mohamed-Zinet, suite à une décision du ministre de la Culture”, est-il mentionné dans un communiqué de l’Oref, adressé hier à notre rédaction.
Le document stipule que cette décision de Azzedine Mihoubi, prise mardi, est due à “l’inobservance par le gestionnaire de cette salle de ses obligations légales et réglementaires. Des inspections menées par les services de l’Oref et de l’inspection cinématographique du CNCA ont en effet permis de relever la programmation de films piratés, sans visa d’exploitation, soustraits aux obligations des droits d’auteur”. Selon la direction de cet établissement, le gestionnaire de la salle “n’a pas respecté l’engagement de se conformer à ces obligations signées le 19 novembre 2017. Il avait également reçu une notification d’une mise en demeure en date du 20 mars 2018 pour une programmation filmique non conforme”.
Contacté au téléphone, Sofiane Khoudja, gestionnaire de la salle Mohamed-Zinet, affirme qu'il n'était pas au courant. “J’ai appris cette nouvelle par l’Oref, mais le ministère de la Culture ne m’a pas informé, ni par courrier ni au téléphone. Je l’ai confirmé, en autres, grâce à un article paru sur un site d’information”, a-t-il signalé. Selon notre interlocuteur, M. Mihoubi avait précisé au site que cette décision est survenue suite à la projection du film Borat dans lequel joue l’actrice sulfureuse Pamela Anderson. “Ce film sorti il y a douze ans est une comédie et il ne porte aucune atteinte aux symboles de l’État. Il a été diffusé dans le cadre du ciné-club Cinuvers. Il y avait une cinquantaine d’étudiants !”, a souligné Khoudja. Et de renchérir : “Ces projections ne sont pas à but commercial. Le public paye seulement pour le dîner et non pas pour la séance.” Concernant la question de diffusion de films piratés, Sofiane Khoudja a expliqué que la salle est dotée d’un projecteur 35 mm et que cette situation “l’empêche” de proposer des productions récentes. “Les autres salles de l’Oref sont dotées d’un DCP, alors que Zinet attend depuis 2009. Un budget a été débloqué à cet effet depuis le festival panafricain par Khalida Toumi, mais jusqu’à aujourd’hui rien n’a été réalisé !”, nous a-t-il confié. Selon M. Khoudja, c’est “le ministère et l’Oref qui sont censés prendre en charge la salle pour sa rénovation et son équipement de nouvelles technologies”.
Par ailleurs, il a évoqué le problème de distribution et de diffusion en Algérie, qui représente un vrai handicap pour les responsables de salles de cinéma : “Il n’y a qu’un seul distributeur, MD Ciné, et leurs films sont projetés dans les trois salles algéroises Ibn Zeydoun, Ibn Khaldoun et Cosmos. En acquérant un DCP, nous serons obligés entre autres de proposer les mêmes films, notamment les blockbusters américains et quelques productions algériennes.” Tout en poursuivant : “Tant que nous ne serons pas équipés de ce projecteur, nous ne pouvons faire autrement ! D’ailleurs, toutes les salles algériennes diffusent des supports DVD. Vont-ils fermer le peu d’établissements que nous possédons en Algérie ?” Et de conclure : “J’ai écrit plusieurs courriers au ministère de la Culture et au CNCA pour remédier à cette situation. Ces projections ont toujours existé et étaient cautionnées, sinon je ne me serai pas permis d’enfreindre la loi.”
Ainsi, le ministre de la Culture, qui ne cesse d'affirmer vouloir encourager l’ouverture des salles et l’émergence d’une industrie cinématographique en Algérie, vient de réaliser un coup de “maître” en fermant l’un des rares établissements qui permet à de jeunes cinéphiles de trouver leur voie, et cela à cause d’une actrice de série B.

Hana Menasria


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