Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

Culture / Culture

RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE HASSI MESSAOUD

La coproduction et le soutien financier en débat

Les intervenants lors de la rencontre. © D. R.

En marge de cette 1re édition, les réalisateurs et comédiens ont animé une conférence pour évoquer les différents problèmes que rencontre ce secteur, notamment l’absence du soutien financier de l’Etat, et du privé dans le 7e art.

En marge des premières rencontres cinématographiques de Hassi Massaoud, dédiées aux films arabes présélectionnés aux Oscars, une conférence a été organisée lundi afin d’évaluer ces dix œuvres non retenues par l’Académie américaine pour la cérémonie du 26 février. À cet effet, cette rencontre a réuni des réalisateurs et des comédiens qui ont profité de cette occasion pour évoquer les différents problèmes qui touchent le 7e art arabe, dans la production, la distribution, et le financement des projets.
À propos de ces films qui n’ont pas été maintenus par les votants américains, cet échec est dû au manque de financement. À ce sujet, le réalisateur algérien Lotfi Bouchouchi a avancé que pour la réussite d’un film aux États-Unis, il faudrait viser deux volets. “Pour qu’une œuvre soit retenue par l’Académie des Oscars, il faut que le film en premier lieu soit de bonne qualité. Mais le plus important est la campagne de promotion aux USA, et pour sa réalisation, cela demande un gros budget pour les projections, passage télé, presse…”
Pour sa part, le réalisateur marocain Saïd Khellaf, qui a participé avec son œuvre, A mile with my shoes, a insisté sur le fait que “lorsqu’un film arrive aux Oscars, il n’appartient plus à son producteur ou réalisateur, mais il représente son pays”. Et d’ajouter sur l’absence de soutien de la part du secteur culturel : “Pourquoi les gouvernements qui ont l’occasion de rayonner à l’international ne se bougent pas pour aider les réalisateurs ? Au Maroc, je n’ai été soutenu par aucun ministère pour l’un de mes films.” Concernant la coproduction cinématographique entre les pays arabes, le réalisateur a souligné que “le cinéma et l’art peuvent rapprocher les peuples. Si une coproduction arrive jusqu’aux Oscars, le film représentera deux pays, et c’est un beau message à l’international”.
Pour le comédien et humoriste tunisien, Lotfi Abdelli, qui a présenté à l’ouverture de ces rencontres son dernier film, Ghasra, a appuyé les propos de son homologue marocain, en signalant qu’“il y a deux sortes de cinéma : le commercial et le film d’auteur. L’industrie du cinéma existe dans les pays où on trouve une grande population, on ne peut pas créer un cinéma commercial avec dix millions de personnes”. Et de renchérir sur la participation maghrébine aux Oscars : “Nous avons des réalisateurs qui ont marqué le monde. On ne peut pas limiter le 7e art maghrébin aux Oscars. On ne produit pas les films pour participer à cette cérémonie, mais pour interroger notre société.” Sur le soutien financier par l’État dans ce secteur, le comédien a précisé : “Il faut pousser les gouvernements à croire en leurs artistes, à créer des salles de ciné et à financer les projets.”
Quant à l’acteur égyptien Tarek Abdelaziz, il estime au sujet des investissements relevant du secteur privé : “Voir les opérateurs investir dans le cinéma est une bonne chose, car l’État finance des projets bien précis. Le privé permet d’avoir une diversité dans les thématiques et une liberté dans la réalisation.” Après l’intervention des comédiens et réalisateurs, le distributeur algérien Riad Ayadi de l’entreprise MD Ciné, a évoqué le problème de la diffusion des films dans le pays. “Le souci majeur dans ce domaine est que les salles ne sont pas équipées de matériel technique moderne. Nous n’avons pas de projecteurs DCP, nous ne pouvons pas projeter les films dans les wilayas avec un data show !”, a-t-il précisé. Et de marteler : “En tant que distributeur, je travaille seulement avec trois salles dans tout le pays. Et je ne ramène que des Block Buster américains pour attirer les cinéphiles. J’aimerais ramener des films arabes, mais il faudrait pousser le privé à ouvrir des multiplexes pour pouvoir diffuser ces œuvres.”


De notre envoyée spéciale à Hassi Messaoud : Hana Menasria


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
1 réactions
no passaran le 22/12/2016 à 10h52

Oh les gars revenez sur terre, aux Oscars il faut bien sûr des dollars et un carnet d'adresse mais il faut aussi faire des films à la hauteur des exigences de cet art. Sachez que le film ''elle'' joué par Isabelle Huppert une grande comédienne et le film réalisé par un des plus grand réalisateur vivant n'a pas été retenu. Vous pensez bien que des films provenant de pays que les Américains n'arrivent pas à situer sur une carte, ne vont pas attirer leur attention et j'oublie les préjugés...

Commentaires
1 réactions