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Culture / Culture

“Les chemins du paradis”, de Mustapha Amarouche

La désillusion de l’exil

© D. R.

Dans ce roman, l’auteur Mustapha Amarouche évoque la désillusion de l’exil et les difficultés d’intégration des immigrants qui s’établissent par grappes dans la province du Québec.

Tudert et Bassam quittent l’Algérie pour s’établir au Canada. Pour eux, l’ailleurs est un rêve irrépressible, permettant de fuir l’insécurité et l’islamisme rampant qui tisse sa toile d’interdits. Le couple débarque par un jour d’automne dans la métropole québécoise, Montréal. L’installation dans ce pays froid ne fut pas de tout repos. Si Tudert réussit sa formation d’infirmière d’auxiliaire, ce n’est pas le cas de son époux qui, d’échec en échec, ne trouve pas d’emploi stable. Bassam développe alors une sorte d’aigreur à l’égard de la société d’accueil. Souffrant de discrimination dans les petits emplois au salaire minimum, Bassam trouve du réconfort dans la fréquentation de ses amis qui l’incitent à la pratique religieuse. Très vite, il se fanatise et développe une haine à l’égard de l’Occident qui a pourtant accueilli son couple. L’imam Sartani n’a pas trouvé du mal à transformer radicalement la nouvelle recrue. Peu à peu, il devient une proie facile d’une manipulation insidieuse qui l’enfonce, chaque jour à un peu plus, dans l’intégrisme et, plus tard, dans la subversion terroriste, lui qui était un militant de gauche à la fac. Son épouse assiste, impuissante, à ce changement radical poussant Bassam à troquer ses idées progressistes contre la bigoterie religieuse. Tudert refuse la proposition de porter le voile faite par Bassam. Des disputes éclatent dans le foyer ; le couple se fissure. Tudert décide de quitter son époux. Elle se lie avec Nancy, une femme d’origine haïtienne, dans une relation ambiguë qui comble son vide affectif. Dans le même sillage, elle rencontre Nathan duquel elle aura un enfant, alors qu’elle était encore avec Bassam. Celui-ci projette de tuer sa femme.
L’imam le dissuade et lui suggère d’aller combattre en Syrie. Converti en “djihadiste” à Alep, Bassam découvre le vrai visage de ses compagnons. Mais trop tard, il ne peut plus quitter ce tourbillon infernal. Écrit dans un style dépouillé et accessible, Les chemins du paradis, un roman de Mustapha Amarouche, un agronome de formation et ancien journaliste, évoque la désillusion de l’exil et les difficultés d’intégration des immigrants qui s’établissent par grappes dans la province du Québec. Édité aux éditions Convergences, le récit relance le débat sur les pays pourvoyeurs de candidats à l’immigration qui se vident de leurs élites et lesquelles, une fois ailleurs, vivotent dans une sorte de désintégration sociale. Alors, retourner au bled ou rester malgré les horizons bouchés ? Dilemme cornélien.


Yahia Arkat


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