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La finitude (la haine de soi), de Mohand-Lyazid Chibout

Après des études universitaires de mathématiques, de journalisme et de littérature française à Alger, Iris (de son vrai nom Mohand-Lyazid Chibout) s’oriente vers l’enseignement et le journalisme à Béjaïa d’où il est natif.
Puis il se tourne vers ses études en suivant un master de lettres modernes à l’université de Nice – Sophia Antipolis – et la Sorbonne Nouvelle – Paris III. Installé à Paris, il est l’auteur de Traduire un silence et de Amoureux-nés, parus respectivement aux Éditions Sefraber et Édilivre.
La finitude est son troisième roman. Selon son auteur, dans la La finitude (la haine de soi), qui va bientôt paraître en France, tout ce qui est porté au conditionnel et à l’interrogatif semble être résolu. “J’invite implicitement à patauger dans les méandres de la psychologie humaine. Tous nous naissons égaux, mais jamais cela n’a été adopté et adapté hormis dans l’imaginaire noircissant des pages blanches et dans lesquelles nos personnes se transposent et se reconnaissent”.
L’histoire se déroule à Vgayet (Béjaïa), en Kabylie maritime, où le personnage principal qu’est Tilelli, synonyme de Liberté, cherche un semblant de cohérence entre elle et le monde l’apprivoisant. “Telle une vindicte dans cette astreinte, la contraignant à souffrir en silence après s’être affranchie de cette virginité lui dopant l’esprit. La valeur de ses pensées et celle de sa liberté se reconnaissent dans son esprit en proie au spleen et se limitent à ses mains liées, la laissant toujours gésir dans une colère vaine des contraintes paradoxales d’une Tilelli vivant un calvaire sous la férule d’une autorité patriarcale”, dira Iris. Tilelli, au cœur du roman,   décide de fuir cette atmosphère pesante pour aller s’installer chez une vieille connaissance, une dame d’un certain âge.
Le hasard, ajoutera l’auteur,  l’amène à croiser le destin d’un journaliste, Massinissa, venu d’Alger faire quelques reportages sur cette Kabylie meurtrie de coups contondants.
Cependant, Tilelli, de par ses conceptions sociétales intimement tissées, souhaite être considérée autrement que celle qu’on arrache d’un désir éclair ou d’un geste fortuit. “Elle n’est réellement pas faite de chair mais d’une essence libertaire, celle-ci même souffrant de victimisation en vivant sous le joug d’une damnation et d’une domination incontrôlée et incontrôlable, à la merci d’une morale pernicieuse jalonnée par un pouvoir velléitaire offrant une amère existence. Serait-ce donc ce qui va faire d’elle une essence en état de finitude ? Derrière cette fragilité féminine et ses souffrances provocantes et implorantes s’exhibait une certaine nature, contrairement à tant d’autres inhibées par les phénomènes innés en soi. Elle se voyait tel un être factice dépendant de quelques directives abruptes et du temps à la fois éphémère et infini”. Une lecture entre les lignes de ce texte énigmatique et singulier,  nous renvoie finalement à l’assertivité d’une Liberté bafouée par l’agressivité “d’un pouvoir despotique figé là, au dessus de nos têtes, tel un nuage gris”.


K. T