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Culture / Culture

AÏcha Kassoul, invitée du café littéraire de la Fondation Asselah

La libération par l’écriture

© D.R

La réalité dépasse toutes les fictions chez Aïcha Kassoul,  pour qui c’est une source d’écriture menant à la thérapie.

La fondation Asselah a gratifié ses fidèles cette semaine d’une belle rencontre avec Aïcha Kassoul, cette “grande marcheuse” qu’on a suivie pas à pas dans les dédales de sa déambulation entre vie, histoire, lectures et écrits. Cette auteure native de Blida est avant tout une enseignante, une pédagogue, une femme sensible à ce qui l’entoure et ouverte à l’autre, férue d’histoire et acceptant toutes les différences. “C’est la base de tout”, dira-t-elle à l’assistance. Un parcours qu’elle relatera par bribes et en toute humilité, et auquel elle mêlera le contenu de ses écrits, car l’un ne va pas sans l’autre. 
La professeure de littérature française à l’université d’Alger s’est donnée corps et âme à ce métier qui lui permettait d’abreuver ses étudiants de cette richesse littéraire, culturelle, et au-delà historique qui allait forger leur savoir et développer leur esprit critique en comparant ces diverses richesses culturelles enrichissantes. 
Elle pensait que cela lui suffirait d’enseigner ce qu’ont écrit les autres, sans avoir à transcender cela par son acte d’écriture à elle, mais c’était sans compter sur cette actualité violente qui allait subitement lui faire face et déclencher en elle ce besoin vital. 
Et c’est de cela dont il a été question lors de cette rencontre qui a permis à ses lecteurs de connaître la genèse de ses trois publications romanesques dont le dernier roman La colombe de Kant (éditions Casbah), qui a reçu le Prix de l’Escale littéraire d’Alger 2018. Le déclic romanesque de Aïcha Kassoul s’est déclenché après qu’elle ait été victime du détournement de l’Airbus Alger-Paris de 1995, duquel elle est sortie indemne physiquement, mais qui lui a valu de rester sous le choc un très long moment, jusqu’à l’exorciser quelque peu par un roman Chronique de l’impur dans lequel elle raconte ce calvaire vécu pendant trois jours et deux nuits dans l’enceinte fermé d’un espace considéré comme “pur” par de jeunes assaillants “qui auraient pu être mes étudiants, ou mes enfants, dans d’autres circonstances”, dira-t-elle, et qui préféreront exterminer quelques victimes hors avion, dans cet espace externe “impur” à leurs yeux. 
Ce fut l’horreur pour cette âme sensible qui vécut cette violence comme une torture, mais qui ne l’avoua pas sur un fauteuil de psy, préférant s’auto-soigner par l’écriture. S’ensuivit une autre violence lorsque dans ses salles de cours, elle se trouvera confrontée à des esprits barricadés qui ne croyaient qu’en leurs propres vérités. 
À l’extérieur, fermé à tout sauf à leur ego démesuré, des morts-vivants tentaient le diable pour s’emparer de la vie des autres et bannir toute culture ou ouverture. Ainsi, la réalité dépasse toutes les fictions chez Aïcha Kassoul pour qui c’est une source d’écriture menant à la thérapie, elle qui n’a pas beaucoup d’imagination, dira-t-elle. Et un autre roman naîtra, Le pied de Hanane, enclenché par cette abominable nouvelle qui circulait sur cette jeune enseignante de français égorgée devant ses élèves. L’auteure marchera sur les pas de Hanane, faisant ses propres pas à elle dans un univers macabre où la barbarie faisait loi. 
C’en était fini de l’enseignement et notre auteure, devenue consule de Besançon, ira vers une autre destinée “diplomatique” qu’elle contera aux présents avec quelques anecdotes qui parfois donneront froid dans le dos tant leur réalité est triste. D’où naîtra La colombe de Kant où la Grande Histoire de l’Algérie, celle qui ne plaît pas forcément à ceux qui veulent en supprimer quelques passages déplaisants se mêlera à quelques moments fictifs pour encore une fois donner à lire une réalité du quotidien. 
Aïcha Kassoul donnait aussi à lire sur les ondes le la Chaîne III des ouvrages qui l’ont marquée, un passage très marqué que ses auditeurs présents lui ont demandé de renouveler…


Samira Bendris-Oulebsir


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