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Culture / Culture

Mohamed Magani, lors du 5e symposium DU magazine littéraire “L’ivrEscQ”

“La littérature algérienne est actuellement un immense réservoir de désespoir”

La première journée de ce 5e symposium organisé au palais de la culture Moufdi-Zakaria par le magazine littéraire “L’ivrEscQ” s’est ouverte sur une conférence réunissant des écrivains de deux générations, qui ont partagé avec l’assistance la naissance de leurs écritures respectives et leur sentiment vis-à-vis de la scène littéraire algérienne.

L’auditorium du palais de la  culture Moufdi-Zakaria a abrité, hier dans la matinée, un symposium de deux jours intitulé “Dialogue des cultures passerelles de rapprochement”, organisé par le magazine littéraire L’ivrEscQ, en partenariat avec la librairie du Tiers-Monde et la direction de la culture de Tizi Ouzou. En présence de Mme l’ambassadeur de la République d’Autriche en Algérie, Son excellence Franziska Honsowitz, d’écrivains, d’universitaires et d’écoliers,  la journée d’hier s’est ouverte sur une conférence réunissant des “primo-écrivains”, à l’image du jeune Mohamed Abdallah et de Riad Hadir, et d’autres, confirmés, comme Mohamed Sari, Ali Kader et Mohamed Magani, autour du thème “Motivation et déclic de l’expérience : premier récit”. Si le point commun entre certains de ces romanciers est le caractère fortuit de l’acte d’écriture, il n’en demeure pas moins que chacun d’eux a eu besoin, à un moment donné, de dire sa vérité et ses convictions en rapport à la situation sociale, culturelle ou encore politique de l’Algérie.
Pour le jeune Mohamed Abdallah, avec sa première œuvre Entre l’Algérie et la France, il n’y a qu’une seule page, paru cette année aux éditions Necib, l’aventure de l’écriture a commencé avec le 50e anniversaire de l’indépendance. “Le déclic a eu lieu à ce moment-là, avec l’idée d’écrire un roman qui traverserait peu ou prou cette partie de notre histoire. Je n’ai pas choisi ce thème-là par hasard, parce que je pense que notre histoire nous façonne, même quand c’est inconscient, y compris notre génération (…) car nous sommes toujours affectés par des événements qui précèdent notre naissance.” Par ailleurs, il a expliqué avoir voulu balayer différentes thématiques, à travers plusieurs personnages, afin de mettre en avant l’échange culturel et humain car, a-t-il précisé, “quand on perd la dimension humaine et le contact avec l’autre, on prend le risque d’être aliénés et de voir l’autre uniquement par le biais de ce qu’on nous dit”. L’auteur, enseignant et membre  fondateur du centre PEN international, Mohamed Magani, s’est désolé, dans son intervention, de voir la littérature algérienne verser dans “le désespoir”. “La littérature algérienne est actuellement un immense réservoir de désespoir, parce qu’elle reflète la politique, et c’est dommage”, a-t-il martelé. Et de poursuivre : “Ce n’est pas la fonction de la littérature d’ajouter malheur sur malheur, bien au contraire.” Pour étayer ses propos, il donnera l’exemple de l’écrivain colombien, Gabriel García Márquez, et son réalisme magique, qui “au plus fort de la dictature,  a urgé à semer l’espoir”.
Revenant sur la naissance de sa plume, il dira que c’est grâce aux voyages, à l’ouverture sur le monde et les autres cultures que son instinct littéraire s’est éveillé car, précisera-t-il, “j’ai vu une valorisation de l’écriture et de la littérature. Lorsque nous rencontrons d’autres cultures, nous nous démultiplions. Grâce à ce contact, j’ai pu, par exemple, aborder des thématiques que je n’osais pas aborder chez nous, car perçues comme dérisoires, à l’exemple de la protection environnementale, que je traite dans mes deux derniers romans”. Pour Mohamed Sari, le dialogue des cultures a commencé dans son village natal à Cherchell, région berbérophone de la wilaya de Tipasa. Dans un foyer où l’on parlait principalement kabyle, le jeune Sari sera amené peu à peu à apprendre l’arabe et le français. “Enfant, j’assumais ma ‘kabylité’, quand j’adressais la parole à mes proches dehors, ils étaient étonnés de m’entendre parler kabyle, parce qu’il existait un certain reniement de la langue.” Et d’ajouter : “À l’école, et après des études en mathématiques, j’ai voulu m’inscrire dans une filière littéraire. Je me suis arabisé avec la langue arabe moderne, avec les Taha Hussein, Tewfiq Al-Hakim et Naguib Mahfoud.” Il dira également que pour lui, le français représente, en Algérie, “cette passerelle vers la modernité, parce que sans la langue française, je n’aurais jamais lu Faulkner, Kawabata et tant d’autres”.

Yasmine Azzouz


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