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Culture / Culture

Événements du 17 octobre 1961

La littérature et le cinéma pour rappeler des massacres occultés

© D.R

Chercheurs, photographes ou encore cinéastes ont déterré beaucoup de pages et continuent à le faire à travers différents ouvrages, bandes dessinées, photographies ainsi qu’au cinéma.

Le 17 octobre 61, ce sont des manifestations pacifiques qui tournent au drame. Ce sont des marches à mains nues qui se transforment en bain de sang. Ce sont des Algériens qui sortent en France pour dire Non à ce couvre-feu instauré à leur encontre – eux les Français musulmans d’Algérie (FMA) qui, depuis le 5 octobre, sont sommés de “s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue et plus particulièrement de 20h30 à 05h30 du matin”. Sortis calmement pour dire aussi non à cette violence qui sévit et non à cette répression féroce dont ils font l’objet et dont l’instigateur principal n’est autre que ce sinistre “Papon la honte” comme le décrira si justement l’auteur Youcef Dris dans son ouvrage paru aux éditions Alpha, Les Massacres du 17 octobre 61 - Papon la honte (2009).

Mais cette marche pacifique a eu pour effet, non pas de donner mauvaise conscience à ce colonisateur, mais plutôt de réveiller d’autres démons qui sommeillaient encore chez Papon et tous ses semblables qui se sont donné le mot pour massacrer des centaines de victimes innocentes – hommes, femmes et enfants dont la jeune martyre Fatima Bedar, 15 ans, le corps retrouvé noyé dans le canal de Saint-Denis quelques jours après – pour ensuite faire taire ce crime horrifiant et le rayer complètement des pages de l’histoire durant de longues années d’un silence pernicieux et complice. Une histoire coloniale qui n’a pas livré tous ses secrets mais dont beaucoup de chercheurs, consciencieux et chevronnés, des deux rives de la Méditerranée, ont déterré beaucoup de pages et continuent à le faire.

Le 17 octobre 61, ce sont ces images atroces figées par le zoom du photographe Elie Kagan qui ont montré l’atrocité de ce crime contre l’humanité inqualifiable ; ce sont aussi des écrits et des documents qui dévoilent mais qui sont très vite censurés tels Ratonnades à Paris de Paulette Péju paru en 1962, ou encore le film documentaire de Jacques Panijel, Octobre à Paris, tourné dans le bidonville de Nanterre en janvier 1962 en collaboration avec la Fédération de France du FLN.

Plus tard, et pour contrer l’oubli et le déni de ces massacres, ce sont les enfants de l’immigration algérienne en France, les “beurs” comme on aimait à les appeler, et à travers des marches, des témoignages jusque-là tus, et avec la création d’associations dont SOS Racisme ou encore Au nom de la mémoire, que la vérité commence à voir le jour.

Puis ce sont des livres publiés de part et d’autre pour raconter cette histoire coloniale qui n’a pas fini d’ouvrir tous ses tiroirs secrets : Les Ratonnades d’octobre, un meurtre collectif à Paris de Michel Lévine (1986) ; La 7e Wilaya. La guerre du FLN en France de Ali Haroun (1986) ; La Bataille de Paris de Jean-Luc Einaudi (1991) ; Le 17 octobre 1961, un crime d’État à Paris, d’Olivier Le Cour Grandmaison (2001) ; Sortir du colonialisme - Le 17 octobre 1961 par les textes de l’époque – préface de Gilles Manceron (2011) ; Cinquantenaire du 17 octobre 1961 à Paris. Droit d’évocation et de souvenance de Mohamed Ghafir - Moh Clichi (2012)…

Pour rappeler cette histoire aux générations actuelles et futures, et dans un souci de sauvegarder la mémoire du passé pour mieux construire leur projet d’avenir, en plus de la lecture, ce sont aussi d’autres arts comme le cinéma, Ici on noie les Algériens de Yasmina Adi ou la bande dessinée, 17 octobre 61, 17 bulles de Benyoucef Abbas Kebir qui s’y mettent pour atteindre cet objectif et en commémoration du souvenir de ces 
martyrs de l’Algérie…

 


Samira Bendris-Oulebsir


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