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Culture / Culture

La rencontre a été animée par Khalil Diallo et Alioune Badara Diané

La littérature sénégalaise en débat à Alger

Les intervenants lors de la rencontre. © D. R.

Le jeune Khalil Diallo, qui compte à son actif un roman et un recueil poétique publiés en 2018, et Alioune Badara Diané, auteur et universitaire, ont présenté une riche rétrospective de la littérature de leur pays.

Le stand de la République du Sénégal a réuni, mercredi dernier, deux auteurs pour débattre de cette littérature, de sa naissance, ses spécificités et du traitement de thèmes comme la guerre, la femme ou les dogmes sociétaux. Il faut dire que cette littérature est l’une des plus prolifiques en Afrique, et ses écrivains, de Senghor à Cheikh Hamidou Kane en passant par Mariama Bà ont marqué de leur empreinte cette tradition scripturale. À cet effet, le jeune Khalil Diallo, qui compte à son actif un roman et un recueil poétique publiés en 2018, et Alioune Badara Diané, auteur et universitaire, ont présenté une riche rétrospective.

À commencer par cette première génération représentée par entre autres Senghor, grâce auquel la littérature sénégalaise a atteint une dimension internationale.  Puis, vinrent dans l’après-guerre, les Ousmane Sembene ou Ousmane Soce. “L’élément commun à toutes ces œuvres, et qui est encore aujourd’hui la marque de fabrique de cette littérature, est leur classicisme, la beauté et la poésie de la langue”, a déclaré Diallo. “Toutefois”, a-t-il renchéri, “un changement, d’autant plus perceptible chez Ousmane Sembene, s’opère”. 

L’écrivain, “l’un des romanciers les plus importants de la littérature sénégalaise”, était parmi les rares à s’intéresser aux problèmes des petites gens du monde rural et ouvrier. Grand connaisseur de l’âme de son pays et de sa société, il explorait le monde rural et ouvrier dans son roman Ô pays mon beau peuple, un roman social dans lequel il raconte la grève des ouvriers du chemin de fer Dakar-Niger, et auxquels la littérature s’intéressait fort peu. “Cette période est aussi la littérature du désenchantement”, a observé Diané.

Les écrivains y dénonçaient comment le tenant du pouvoir après-indépendance a “fait pire” que le colonisateur, comme Boris Diop, dont l’œuvre porte “un jugement complètement négatif de ces lois qui nous ont mis dans le malaise”. D’autres voix singulières, qui s’attèleront à parler plus crûment de leur société, se font entendre à partir des années 1970 et la création des  Nouvelles éditions africaines.

Parmi ces œuvres La parole aux négresses, d’Awa Thiam “qui choisit de donner la parole aux femmes pour conter leur drame et leur oppression par des coutumes traditionnelles et familiales”. Dans Une si longue lettre, œuvre majeure de la littérature sénégalaise, traduite dans plus de 10 langues, Miriama Bâ décrit dans les moindres détails la société patriarcale sénégalaise.

Son héroïne, Ramatoulaye, ne trouve refuge que quand les mots et une lettre adressée à sa meilleure amie pour “raconter avec lucidité le ménage sénégalais, la tradition et la place des femmes dans ces familles”. Distinguant “littérature féminine” de “féministe”, Diané a, lui aussi, fait le constat de l’écriture sénégalaise des années 1970, qui “était simple, franche et directe. Dans Une si longue lettre, Bâ se saisit de la parole.

Elle dit que la situation inférieure dans laquelle elle est, est due aux conséquences de l’organisation sociale, parce que cette dernière privilégie les hommes”.  Pourtant, toute cette littérature ne saurait exister sans lectorat, et l’écrivain sénégalais sait, de l’avis de Diallo, que “le roman, comme espace de pensée, permet de présenter une situation et de donner à voir les choses, d’interroger le lecteur sur une pensée qu’il devra questionner, contredire, étayer et peut-être diffuser”. 
 

Yasmine Azzouz 

 



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