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Culture / Culture

…SOUFFLES…

La ménopause littéraire !

Amine Zaoui

La ménopause littéraire ! Avez-vous entendu parler de ce terme ? Avez-vous pensé, auparavant, à cet état philosophique et psycho-intellectuel qui ravage, de plus en plus nos créateurs ? Que signifie cette maladie nouvellement découverte ? Quelles sont ses symptômes physiques, politiques et créatifs annonciateurs de cette maladie ? La ménopause littéraire est une réalité palpable dans notre vie littéraire, dans notre milieu d’écrivains. Elle est aussi une réalité arabo-musulmane. Elle existe aussi sous d’autres cieux littéraires, dans d’autres contrées lointaines. Des écrivains, dans leur début, poussés par une énergie qui souvent réside hors l’acte de l’écriture, submergent l’espace livresque ou médiatique par leurs écrits ou par leur présence. Petit à petit, la fascination de l’écriture s’éteint. Petit à petit la braise qui ranime l’envie se métamorphose en cendre. Petit à petit le jeune écrivain prend la distance vis-à-vis de la littérature. Cette distanciation commence d’abord par la coupure avec la lecture pour finir avec l’écriture. Petit à petit le quotidien avec sa routine mortuaire commence à ronger l’âme de l’écrivain. Petit à petit l’écrivain ou le préconisé écrivain prend le recule intellectuel de la scène de la création. Petit à petit il devient allergique à cet univers. Il commence à chercher comment argumenter cette séparation : le milieu hypocrite, la concurrence non-loyale, pas de maisons d’éditions, pas de lectorat, pas d’amis, pas de critique positive, pas d’encouragement, pas d’argent, pas de voyage, pas de voiture, cela ne sert à rien….
Les écrivains, femmes comme hommes, qui ne sont pas touchés par la ménopause littéraire sont souvent ceux qui croient en la littérature entant qu’un prolongement de la vie. Une deuxième vie. Ceux et celles qui croient en l’extase charnel que procure l’écriture. Ceux et celles qui sentent que les livres sont des enfants qui respirent l’air et qui grandissent et prennent froid et trébuchent dans les marches d’escalier.
Les écrivains, femmes comme hommes, celle et ceux qui ne sont pas rattrapés par la ménopause littéraire sont ceux qui croient en la littérature comme un acte capable de changer le monde, de changer l’homme, de changer la femme, de changer soi !
Les écrivains qui ne sont pas fauchés par la ménopause littéraire sont ceux qui croient en la force fragile de la littérature, une fragilité capable de bouleverser les montagnes de l’imbécilité et de la médiocrité. La peur est le premier signe d’une ménopause, chez l’écrivain. La trahison intellectuelle est le deuxième syndrome de la ménopause intellectuelle.La réconciliation avec la routine et l’autosuffisance est le troisième symptôme de la ménopause littéraire. Le retour d’un écrivain fêtard, après un âge avancé, à la religion, avec un sentiment de repentance est un autre signe de la ménopause littéraire. La castration d’un écrivain ou une écrivaine, peu importe, est une chose tangible, où les créateurs offrent à leurs maîtres leurs sources de fertilité en échange d’un cheque ou d’un poste ou d’un parlement ou d’un je ne sais quoi ???

A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr


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