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Culture / Culture

Rencontre virtuelle avec l’écrivaine Maïssa Bey

“La parole s’est libérée grâce au courage des femmes”

© D. R.

L’autrice de “Nulle autre voix” a animé une rencontre virtuelle inscrite sous la  thématique “Paroles  de  femmes, écriture  et  engagement au féminin”, organisée par les Nations unies en Algérie.

“Paroles de femmes, écriture et engagement au féminin” était la thématique d’une rencontre virtuelle organisée jeudi par les Nations unies Algérie, dans le cadre de la clôture de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre 2020. Le choix de l’invitée s’est porté naturellement sur Maïssa Bey, l’une des voix de la littérature algérienne, dont la femme dans la société prend une place prépondérante dans ses romans.

D’ailleurs, sa dernière œuvre, Nulle autre voix (éditions Barzakh, 2018), raconte la vie d’une femme qui, “après avoir purgé une peine de quinze années de prison pour avoir tué, de sang-froid, son mari, (elle) accepte de se confier à une écrivaine en quête d’inspiration (…)”.

Avant la lecture de quelques extraits de ce livre poignant, l’intervenante a tenu à souligner qu’elle s’est toujours sentie concernée par ce “problème que nous vivons au quotidien”. D’ailleurs, elle avait préparé un texte fort, intitulé Quelques notes sur la question de la violence, des violences à l’égard des femmes, dans lequel elle revient sur les diverses formes de violence en Algérie.

L’écrivaine ne s’est pas contentée de relever seulement les points noirs, mais évoque également le “courage des mouvements féministes, d’artistes, de travailleuses, d’étudiantes, de citoyennes” qui a permis de libérer la parole.

Pour revenir au texte, d’emblée Maïssa Bey indique : “La violence faite aux femmes n’est pas un fait nouveau dans notre société. Depuis des décennies, toute tentative d’émancipation des femmes a engendré des réactions parfois violentes et s’est heurtée au rejet d’une partie de la société”, car elle “y voyait une remise en cause des fondements et des valeurs sur lesquels était bâtie, selon elle, l’Algérie, en dépit des proclamations officielles postindépendance sur la volonté d’établir l’égalité entre tous les citoyens”.

Pour l’autrice de Hizya, les “comportements et attitudes discriminatoires n’ont jamais cessé”. Et d’appuyer ses arguments en citant pour exemple “la promulgation du code de la famille consacrant le statut ‘spécial’ des femmes dans les années 1980 (qui) en est une démonstration !

Cela constitue, selon moi, une grave atteinte aux droits des citoyennes et une violence d’État”. Au sujet des agressions physiques, elle a rappelé l’attaque des ouvrières d’un complexe industriel, à Sidi Bel-Abbès, vers la fin des années 1970, ou encore en “2001, les femmes travailleuses de Hassi Messaoud, accusées de comportements immoraux, (qui) ont été violentées et leurs maisons brûlées par des hordes d’hommes chauffés à blanc par un imam intégriste”.

Par ailleurs, même  si  les  violences  sont  en  recrudescence, aujourd’hui “la question de la violence faite  aux  femmes est entrée dans le débat public, de façon visible et insistante, grâce au courage et à l’opiniâtreté des mouvements féministes.

Elle n’est plus cantonnée à la rubrique des faits divers et à la sphère privée où le silence était et est encore, bien trop souvent, de mise”. Selon Maïssa Bey, ce changement est en partie survenu de ces femmes qui, “sans complexe et sans crainte, ont relevé la tête et regardent la société droit dans les yeux”.

Et ces voix sont devenues “audibles” pour “plusieurs explications”, notamment au “comptage macabre des féminicides jusqu’alors relégués au rang de ce que l’on a pu désigner comme  ‘violence domestique’”, “le rôle des réseaux sociaux qui permettent la circulation de la parole, de l’information” ou encore “la participation importante, massive et impressionnante des femmes au Hirak”.

Et l’écrivaine de conclure son texte en signalant : “Des programmes d’action sont envisagés, des propositions concrètes et constructives sont faites, en particulier sur la protection des femmes en danger, à l’intention des interlocuteurs qui disposent du pouvoir de décision en même temps que des budgets nécessaires pour agir. La balle est dans leur camp !”    
 

Hana M.   


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