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Culture / Culture

Ghanima Ammour, auteure, à “Liberté”

“La poésie porte les combats”

La poétesse Ghanima Ammour. © D.R

Le verbe de Ghanima Ammour laisse rarement indifférent. Dans son recueil de poésie De sang et d’espoir, elle apparaît “comme une Shéhérazade de la douleur vécue qui nous égrène une trentaine de textes, écrits entre 1989 et 2018, le chapelet de ses écrits est comme autant de stations incandescentes…” (préface de Farid Mammeri). Rencontrée juste après la présentation de son livre au Marché de la poésie de Paris, elle a bien voulu accorder un entretien à Liberté.

Liberté : Après Mémoires de mes automnes, publié en 2010, vous venez de faire paraître un autre recueil de poésie, De sang et d’espoir, chez Wallada. Quel est son contenu ?
Ghanima Ammour : C’est la mémoire de tout ce que l’Algérie a traversé comme tragédies dans son histoire ancienne et récente. Je vous cite quelques vers de Nabila pour comprendre : “Le sang de Hassiba s’est déversé sur moi/ même si je cours tout droit, il m’empêche de voir le chemin de ma voie/ Avant de le laver, j’ai découvert l’effroi des meurtres fratricides/ Au nom de convictions qu’ils érigent en loi/ Nabila, Nabila Djahnine a marché sur les pas de ma nuit, pour dévoiler le jour, de mes sœurs enchaînées/ Mon cœur porte depuis les stigmates de l’horreur.”

Peut-on la qualifier comme une poésie de combat ?
L’état actuel de la poésie m’attriste car elle a perdu sa place d’art majeur. C’est le premier combat pour réhabiliter la poésie. “Le poème, c’est avec le langage qu’il tranche, pour celui qui veut le valoriser, il ne contient que vérité.” Ensuite, par la force du verbe et des convictions, la poésie porte les combats.

Quels sont les principaux messages de votre recueil ?
La paix, la résistance au mal humain, l’éveil des consciences sur les libertés, les droits humains et la protection de l’environnement. Je m’adresse à la jeunesse, algérienne et d’ailleurs, pour l’espoir.
Je dénonce l’agression contre des pays pour la géostratégie et l’argent. Je m’adresse à l’humanité en lui disant de privilégier ce qui unit à ce qui sépare.
J’appartiens à la terre où je mets les pieds et je prône l’union dans l’harmonie, où les gens se respectent dans leur diversité. Cependant, si je vais de mes particularités vers l’universel, je tiens à garder mes racines, mais celles qui me font vivre car je suis candidate à la vie.

Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Née à Yakouren, j’ai vécu à Bordj Menaiel puis Alger où j’ai suivi mes études à l’ENA, avant de travailler au ministère de l’Industrie, à la Cnep puis dans un bureau de consulting, après un séjour en Tunisie.
Parallèlement, je fréquentais beaucoup les milieux de l’art. En 2003, je suis partie en France où j’ai suivi des cours d’art dramatique et de musique dans un conservatoire, tout en travaillant pour vivre.

En plus d’être écrivaine, quelles sont vos autres activités artistiques ?
Je suis comédienne de théâtre et j’ai commencé à l’âge de 11 ans à la maison de jeunes de Bordj Menaiel, sous la direction de Omar Fetmouche. Par ailleurs, je pratique le chant du patrimoine de Kabylie pour garder le contact avec mes racines.

Avez-vous des projets en cours ?
Oui, un livre/CD de poésie en kabyle pour assumer la part d’oralité de cette culture, et la réédition de mon premier recueil avec un autre éditeur.


A. B.


“De sang et d’espoir”, de Ghanima Ammour, Wallada Editions, 57 pages, 2018.

 


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