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Culture / Culture

Disparition du poète et militant M'Hamed Aoun

“La poésie pour mieux habiter la terre”

M’hamed Aoun, poète et militant de la cause nationale. © D.R.

Ancien militant de la cause nationale, M’hamed Aoun a entamé son aventure poétique au moment où l’Algérie venait de connaître une nouvelle page de résistance contre l’envahisseur. Ayant travaillé dans de nombreuses revues, il a à son actif pas moins de 500 poèmes.

Décédé lundi dernier à l'âge de 91 ans dans son domicile à Médéa, le poète et militant de la cause nationale M’hamed Aoun a laissé une importante œuvre de plus de 500 poèmes qui n’a pu être publiée. Figurant dans un grand nombre d’anthologies de la poésie algérienne, le poète a entamé son aventure poétique au moment où l’Algérie venait de connaître une nouvelle page de résistance contre l’envahisseur. Ayant publié des poèmes dans des publications diverses, c'est dans la revue Affrontements, propriété d’une organisation ouvrière qui soutenait l’indépendance de l’Algérie, que ses premières œuvres sont portées à la connaissance du public. Ce fut par la suite au tour de la revue Courrier de la Méditerranée, qui se proposait de livrer des réflexions devant faciliter le rapprochement des peuples des deux rives. Après l’indépendance, plusieurs journaux et revues (dont El Moudjahid, El Djeich, Le Chroniqueur) l’ont fait découvrir au public en lui ouvrant leurs colonnes. Les anthologies consacrées à la poésie algérienne de Denise Barra, Jean Déjeux, Mustapha Toumi, Madjid Kaoua font référence au poète Aoun et soulignent le caractère prolifique du verbe et de l’utilisation des symboles pour décrire les situations concrètes traversées par l'Algérie. D’ailleurs, l'écrivain, poète et dramaturge Kaddour M’hamsadji a écrit dans une chronique parue en juillet 2016, à propos du style du poète M’hamed Aoun, qu’il “bouillonne de vigueur, de symboles et souvent d’un sens hermétique impressionnant, difficile à saisir pour les non-initiés et les noircisseurs de papier ! Quoi qu’il en soit, une poésie audacieuse y est constante dans l’œuvre de M’hamed Aoun et se développe en spirales étourdissantes de lyrisme abstrait”. “N’ayant jamais demandé de l’aide pour éditer au moins une des œuvres ni essayé de ‘’pousser’’ quiconque à le faire connaître, il n’a jusqu’à présent aucun livre totalement de lui dans les librairies.”
Né en 1927 à Aïn Bessam, il fit des études à Aumale (Sour El-Ghozlane) qu’il dut interrompre en 1944 pour se livrer à des activités politiques en militant dans le Manifeste algérien et, par la suite, dans des organisations clandestines tels le PPA et le MTLD. Poursuivi par la police, il fuit vers la Tunisie où il s'inscrit à la Zeytouna de Tunis pour apprendre les rudiments de la langue arabe, côtoyant des étudiants qui deviendront plus tard des responsables politiques du pays, tels que Mehri, Mouloud Kacim, etc. En 1951, il s’embarque vers la Métropole où il trouva un emploi dans un foyer estudiantin, tout en mettant à profit son séjour pour suivre les cours dispensés par Albert Memmi et ceux de Jacques Berque, alors professeurs au Collège de France. Il se mit à l’apprentissage de la littérature, y compris la littérature germanique, et à s'intéresser à toutes les formes de connaissances se rapportant à l’art et à la culture. Il prendra une part active à la création de l’Ugema (Union générale des étudiants musulmans algériens) en France aux côtés de Taleb Ibrahimi, Mostefa Lacheraf, Dr Amir et tant d’autres. M’hamed Aoun laisse des poèmes épars, lui qui disait toujours que seule la poésie permet de “mieux habiter la terre”.


M. EL BEY

 


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