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Culture / Culture

Le concert a RÉUNI PLUSIEURS ARTISTES ALGÉRIENS À Lyon

La révolte en chansons

la chanteuse Cecile Barrache. © Houchi/Liberté

Durant trois heures de show, les artistes ont profité entre deux chansons pour glisser des messages politiques en rapport avec les attentes de la rue algérienne.

Lyon, journée printanière. Les quais où plusieurs libraires ont élu domicile sont envahis par des foules encouragées par la présence manifeste et généreuse du soleil. Les terrasses sont aussi prises d’assaut. Devant la salle de la Bourse du travail, un attroupement se remarque. On parle kabyle. D’autres personnes continuent à converger. Et pour cause. Plusieurs chanteuses et chanteurs kabyles venus d’Algérie et de Paris s’apprêtent à donner un spectacle unique à l’occasion de la Journée internationale de la femme : Massa Bouchafa, Ceclile Barrache, Kamel Chenane, Alilou, Loualia, le groupe Idurar et Massi. Chenane Dalil. L’organisateur explique : “Nous ne célébrons la journée de la femme que maintenant à cause de la disponibilité de la salle”. Dans la salle les spectateurs s’impatientent. Des femmes, des enfants, des personnes âgés, parfois avec même des cannes ont fait le déplacement. Ouardia, la soixantaine entamée, accompagne sa mère et sa fille. “Cela fait longtemps que je ne suis pas sortie. Mais la valeur des artistes annoncés m’a aidé à décider de venir”, avoue-t-elle. Autour du bar très animé, certaines personnes ont déjà entamé des débats autour du “dégagisme” que connaît le pays. Pour eux, les prestations musicales passent au second plan. Le petit retard annoncé ne semble pas peser sur eux comme il pèse sur la salle qui piaffe d’impatience. Dans les loges, c’est le stress généralisé.
Les artistes, les musiciens et les organisateurs peaufinent les dernières retouches. Dès les premières apparitions, le public acclame. Quelques notes ont suffi pour que les chaises se sentent abandonnées.
Les rythmes festifs et endiablés ont entraîné les gens dans les couloirs transformés pour l’occasion en piste de danse. Pendant plusieurs heures, sans fatigue aucune, le public a dansé sans retenue. Les artistes entre deux chansons en profitent pour souhaiter une joueuse fête aux femmes et surtout pour glisser des messages politiques en rapport avec les attente de la rue algérienne. Retour au bar, les discussions continue autour des tournées de bière. Saïd trouve dommage que les Algériens de Lyon ne soient pas assez mobilisés comme à Paris. “Cela s’explique par le manque d’organisation” réplique Amar, après avoir avalé les dernières gouttes de son verre. “Pas seulement, justement nous vivons les conséquences d’une politique qui a travaillé dans le sens de la désorganisation de la société civile” renchérit Kamel. Voulant donner de l’espoir et haranguer ses camarades, Farid, étudiant en informatique, explique qu’il ne faut pas croire que les gens ne sont pas concernés : “Bien au contraire, les gens suivent et débâtent dans des cafés, à l’universités, dans les rues... D’ailleurs un grand rassemblement se prépare pour dimanche prochain.” Au moment où il termine sa phrase, les portes des salles s’ouvrent et commencent à vomir du monde. Dans les loges, à nouveau, le stress et l’agitation reviennent. Massa Bouchafa est prise d’assaut, mais elle a eu le temps de nous exprimer son bonheur et de remercier le chaleureux public lyonnais.
Elle s’est réjouie de la fièvre libertaire qui gagne le pays tout en espérant le meilleur pour l’Algérie. Da Boussad, venu d’Algérie, mandole à la main, témoigne de son vécu du Hirak et partage sa joie d’avoir semé du bonheur. Il appelle de ses vœux que la femme et le tamazight puissent trouver leur place dans une Algérie démocratique. Dalil, tout stressé, a le sentiment du devoir accompli. Il lui reste la tâche de remettre la salle intacte. Enfin, Cecile Barrache, portant une belle robe et une couronne berbère sur la tête, se dit fière d’avoir chanté avec des artistes de talent et que le public ait bien apprécié. Il se fait déjà tard, devant l’entrée des artistes, quelques fans se sont rassemblés pour prendre des photos et discuter. Certains en profitent pour rappeler le rassemblement qui aura lieu dimanche prochain pour la démocratie en Algérie.
Les rues se sont vidées et elles sont sales. Comme il n’y a pas de brassards verts pour nettoyer, il faut attendre le passage matinal des services de la ville pour le faire.


T. H.

 


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