Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

Culture / Culture

ESPACE ESPRIT PANAF AU SILA

“La vraie rupture pour les écrivains africains, c’est la rupture linguistique”

Les auteurs en débat autour de la rupture littéraire en Afrique £ Menasria/Liberté

“La nouvelle littérature africaine, vers une rupture ?” C’était la thématique abordée par quatre auteurs du continent noir.

Cette nouvelle génération d’écrivains africains “avec des formes et approches littéraires différentes” était présente mardi, à l’espace “Esprit Panaf”, qui se tient au Salon international du livre d’Alger depuis le 29 octobre dernier à la Safex. Avant d’attaquer la thématique “La nouvelle littérature africaine, vers une rupture ?”, Gauz Armand — photographe, scénariste, rédacteur en chef d’un journal satirique, de Côte d’Ivoire —, a voulu faire une précision sur les clichés donnés sur ces auteurs africains issus de l’émigration. “Ils nous considèrent comme des enfants de l’exil, alors que nous le nions. Nous sommes tous nés quelque part, ce n’est pas un exil mais un ‘déplacement’. Notre avantage est de posséder plusieurs cultures.”
Cette génération d’auteurs qui a vécu en Europe, a-t-elle rompu les liens avec ses ancêtres ? Sur cette interrogation, les intervenants étaient catégoriques : “Il n’y a jamais eu de rupture.” Selon Kagni Alem  — écrivain, traducteur et critique littéraire du Togo — : “La vraie rupture pour les écrivains africains, c’est la rupture linguistique dans la fréquentation du texte et sa circulation ‘traduction’ d’une langue à une autre.” Et de signaler : “Quand vous traduisez un texte d’une langue à une autre, là, il y a une rupture avec la langue des ancêtres.” En abordant le cas d’auteurs qui écrivent seulement sur l’environnement qui les entoure (le pays adoptif) et non pas sur l’Afrique, l’auteur Parkes Nii Ayikwei (Ghana), s’est insurgé en affirmant : “Ce n’est pas vrai, ces écrivains racontent leur colère et leur frustration. Cela m’énerve quand on lie l’histoire au lieu. La culture n’a rien à voir avec l’écriture. Un écrivain demeure un écrivain même s’il écrit en anglais ou en français, même s’il est Africain ou Européen. La nationalité ne change pas l’écriture. On est écrivain tout court.” Et de renchérir : “Il n’y a pas de rupture pour tout le monde, il y a des réponses individuelles.” À ce propos, Gauz Armand, rétorque : “Nous sommes une génération décomplexée qui vénère les anciens. Ce qui m’intéresse c’est l’esthétique du texte, le style, la vibration d’un texte.” Et d’ajouter : “La vibration n’a pas de frontières, je vénère la puissance d’un texte.
Je vénère le ‘saint texte’”. Après cette riche et captivante conférence, les intervenants ont laissé place au débat avec le public. Sur les remarques “l’écriture africaine reste tributaire pour la littérature française”, Armand Gauz, a rebondi en soulignant : “Pourquoi doit-on nous justifier. Il y a ce regard occidentalo-centré sur nous, pourquoi les Occidentaux ne parlent pas de leur littérature, ils ont de nombreux écrivains émigrés. Ils n’évoquent que la nôtre.” Ce journaliste et écrivain ivoirien a fait ses études en langue française et a suivi le programme français tout au long de son parcours scolaire. “Ces études en langue française ne dépendent pas de moi, mais du schéma colonial. J’ai le même diplôme que les Français. Mais, les auteurs africains  possèdent un plus par rapport aux Européens : la puissance de la culture de nos grands-parents.” Et de conclure : “L’Afrique d’aujourd’hui, a subi les changements les plus puissants, les plus violents de toute l’histoire de l’humanité. Nous les  avons encaissés en moins de 50 ans, Nous sommes forts parce que nous avons gardé notre culture et nos origines. Ils ont pensé qu’ils l’avaient effacé avec la puissance de la poudre, mais, ce n’est pas du tout le cas.”


H.M.

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER