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Culture / Culture

Mohamed Krour expose à la galerie le Paon

L’Afrique dans toute sa splendeur

Des œuvres de l’artiste. © D. R.

Le paon, à l’élégance noble, enjôle l’œil, surtout à l’instant où le “froukh taous” fait la roue. Majestueux jusqu’au bout de son plumage, l’oiseau orgueilleux esquisse de sa queue ce fond d’image où les couleurs se feuillètent sur l’éventail de couleurs qu’il faut à la culture et aux arts.  Autrement dit, la fantaisie qu’il a d’étirer sa houppe et sa queue n’obéit pas qu’à l’extravagante frivolité de “faire joli” mais au vœu d’exhiber son plumage en dessous duquel il détient l’essentiel de ce qu’il a de plus beau, à savoir l’implant du totem de notre africanité, mais aussi de notre berbérité qu’a érigé l’artiste peintre Krour Mohamed à la galerie d'art Le Paon, sise à l’ombre du sanctuaire du martyr de l’Office Riadh El-Feth (El-Madania).

Et depuis, les tons de l’Afrique qu’il y a dans l'art rupestre du Tassili n'Ajjer se mêlent aux nuances de nos “convergences” mais aussi dans les tons de notre berbérité que ce natif de Sidi Ameur (Sidi Bel-Abbès) affiche depuis le début de l’automne à la galerie Le Paon. D’où l’agréable diversité de l'art africain qui est issue de l’avantageuse fertilité de la négritude mais aussi du mal de la “colonialité”. À ce titre, l’insertion du signe et du rituel est puisée du sacré afin de conjurer la magie qui nourrit l’exotisme au détriment de l’art. 

Autre signe que vénère ce diplômé de l’École régionale des beaux-arts de Sidi Bel- Abbès, la baleine “voyageuse des océans” et qui évoque à bien des égards l’aventure du Moby Dick (1851) de Herman Melville (1819-1891), mais qui révèle aussi l’histoire du prophète Younès (ou Jonas) qui a été sauvé des flots et recueilli dans le ventre d’un grand poisson pendant trois jours et trois nuits, jusqu’à ce qu’il soit éjecté sain et sauf sur le rivage du Ninive, en Mésopotamie.

Au demeurant, ce plasticien à l’option peinture, major de sa promotion, use de l’historicité du patrimoine africain d’où il cueille ce sceau qui témoigne de l’éveil de l’humanité, a-t-on su de la galeriste Amal Mihoub, qui nous a guidés sur les traits qu’emprunte à la calligraphie ce lauréat du premier prix au Festival des écoles d'art et des jeunes talents à Mostaganem 2016.  Et à tout propos, Mohamed Krour esquisse tantôt la “clef” puis la “khamsa” ou l’œil de Fatma qui veille sur la vache tachetée de “aouchem” et de tout ce qu’elle recèle de bonheur. 

Celui d’invoquer le conte La vache des orphelins issu de l’oralité africaine et ses variantes qui ont été moissonnées en Kabylie, au Niger et au Tchad. Et au-delà des contes de notre enfance et du gros nounours de Bonne nuit, les petits (de 1962 à 1973) de Claude Laydu (1927-2011), il y a également l’aura du mysticisme qui entoure les œuvres de ce lauréat du troisième prix Ali-Maâchi 2017 dont la sourate Al-Baqara (la vache) du Saint Coran. 

 

Nourreddine Louhal



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