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Culture / Culture

Salon international du livre d’Alger

“L’Algérie vue par les orientalistes russes”, un ouvrage signé Abdelaziz Boubakir

L’écrivain Abdelaziz Boubakir présente à travers son dernier ouvrage, L’Algérie vue par les orientalistes russes, un guide en langue arabe à l’attention des chercheurs et spécialistes des relations algéro-russes, et des études russes sur l’Algérie. Dans cet opus de 100 pages, fraîchement publié chez Mim éditions Algérie à l’occasion du 23e Sila, l’auteur livre la quintessence des écrits russes sur l’Algérie à travers sa littérature, sa sociologie et son économie, dans un style concis, direct et sans fioritures.
Dès le premier chapitre de son guide, qui en compte sept, Boubakir avertit que l’Algérie - comme objet d'études sur le monde arabe - apparaît au XVIIe siècle dans les récits de voyage d’auteurs russes. Il cite, en exemple, L’Algérie des temps modernes, un livre de de Modeste Bagdanovitch paru en 1849 et L’Algérie d’Alexander Kouropatkine (1877). Ces auteurs, souligne-t-il, étaient des militaires de haut rang, dont l’un avait assumé les fonctions de ministre de la Guerre. Dans le deuxième chapitre, l’écrivain affirme que contrairement aux récits français et allemands, les écrits de voyageurs russes sur l’Algérie demeurent méconnus, quittant rarement les rayons de bibliothèques de Moscou et Saint-Pétersbourg et évoque, parmi ces ouvrages ignorés des chercheurs algériens, le Récit du voyageur inconnu dont la date, rapporte Boubakir, remonte à 1674. L’écrivain réserve un chapitre à part aux écrits russes consacrés à l’Émir Abdelkader pour montrer l’intérêt précoce des auteurs russes pour cette figure dont la stature a suscité la curiosité d’écrivains.
Dès 1847, l'Émir fera l'objet de nombreux écrits dont sa biographie parue dans la série “La vie des célébrités”, vingt ans plus tard. Dans la partie consacrée à la critique russe de la littérature algérienne, Boubakir avance que cette dernière a commencé par se faire connaître en Russie grâce aux œuvres de Dib, Mammeri, K. Yacine, Benhaddouga et Ouattar, outre les contributions de Abou El Kacem Saadallah dans la presse locale. À ses yeux, le mérite revient au critique Victor Balashov, “le premier, en Russie, à avoir dirigé les regards d’un (premier) noyau de chercheurs et d’étudiants vers la littérature algérienne. Les nombreux ouvrages et articles de presse de Balashov, assure l'auteur, “ont permis à la littérature algérienne de faire son entrée dans l’Encyclopédie abrégée de la littérature". “La critique russe, affirme Boubakir, considère la littérature algérienne, arabophone ou francophone soit-elle, comme une” et voit dans ce bilinguisme la preuve de l’existence d’une “conscience collective multiforme”.
Pour les Russes, affirme l'auteur du guide, cette littérature résolument algérienne, d'où sont exclus les auteurs d’origine française et les algérianistes, est “une contribution inestimable à la lutte du peuple algérien”. Dans un autre chapitre intitulé “À propos de la traduction (au Russe) des œuvres littéraires algériennes”, Boubakir poursuit le développement de ce thème et atteste que Dib demeure l’auteur le plus traduit à travers La Grande Maison, L’Incendie, Le Métier à tisser - qui complète sa trilogie-Algérie-, Au Café, son recueil de nouvelles, entre autres œuvres du grand romancier.
Si Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun et Malek Haddad ont été successivement traduits à la langue russe, celle-ci ne s'intéressera vraiment à la littérature algérienne
en arabe qu'à partir de 1966, avec la traduction de Tahar Ouettar et à sa suite Rachid Boudjedra.


APS


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