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Séminaire national sur la lecture publique à Tamanrasset

L’Algérien ne lit que “6 minutes par an” !

Ce séminaire sur “la lecture et les mécanismes de sa promotion dans les bibliothèques publiques à l’aune des mutations et des nouvelles évolutions” a regroupé environ 60 participants issus de 12 wilayas du pays. Il a été également marqué par la présence de 36 cadres des bibliothèques principales de Constantine, Adrar…

“La lecture et les mécanismes de sa promotion dans les bibliothèques publiques à l’aune des mutations et des nouvelles évolutions” est l’intitulé du séminaire national organisé mercredi et jeudi à la bibliothèque principale de la commune de Tamanrasset. Quelque 60 participants issus de 12 wilayas du pays ont pris part à cette manifestation culturelle, également marquée par la présence de 36 cadres des bibliothèques principales de Sidi Bel-Abbès, Relizane, Khenchela, Laghouat, Adrar, Mascara, Constantine, Tipasa, Oum El-Bouaghi et Souk-Ahras. Dans son allocution d’ouverture, le directeur de la bibliothèque principale de Tamanrasset, Bouzaâfa Mohamed, a d’emblée mis l’accent sur l’importance de ce type de rencontre dans “la mise en place d’une stratégie nationale permettant de promouvoir la lecture dans les bibliothèques publiques, lesquelles devraient être mises au diapason des nouvelles technologies”. L’occasion s’est ainsi offerte pour débattre de la situation des maisons d'édition et de l’industrie du livre en Algérie afin de sensibiliser sur l’importance de ce créneau dans le développement des capacités individuelles du lecteur, notamment sur les plans scientifique, cognitif et technologique. Le forum qui a, faut-il le signaler, drainé une foule bigarrée, a ainsi donné lieu à plusieurs réflexions visant particulièrement à réhabiliter la lecture au sein de la société algérienne en établissant un diagnostic exhaustif des véritables raisons poussant nombre de citoyens à s’abstenir ou à manifester leur indifférence à l’égard des bibliothèques publiques. L’objectif  principal assigné à ce séminaire a été donc de trouver les mesures adéquates pour se réconcilier avec le lecteur en lui faisant un appel du pied pour se rapprocher davantage de ces espaces de connaissances et du savoir. Toutefois, la conférence animée par Kamel Batouche, professeur à l’université de Constantine Abdelhamid-Mehri, a sonné comme un véritable cri d’alarme à l’idée de savoir que l’Algérien ne lit en moyenne que “six minutes par an”. Tout en se focalisant sur le rôle des bibliothèques publiques dans la promotion de la lecture en milieu juvénile, les intervenants à la salle de conférences de la bibliothèque communale de la capitale de l'Ahaggar ont plaidé pour la réforme de la lecture publique à travers l’organisation périodique de rencontres régionales aboutissant à un forum national annuel auquel devraient participer toutes les wilayas du pays. Les participants ont également recommandé de mettre en place un blog national spécialement dédié aux activités culturelles servant d’appui aux écrivains et aux lecteurs. Pour ce faire, “on a jugé opportun de procéder à la révision des textes réglementaires régissant les bibliothèques publiques à même de créer un Observatoire national permettant de renforcer ces infrastructures de lecture avec pour finalité de consolider la coopération entre différentes institutions culturelles”, a-t-il été souligné par les intervenants. Avant de clore ce séminaire, qui en est à sa première édition, les participants ont proposé de créer un prix national en collaboration avec des investisseurs privés qui serait décerné au meilleur projet de développement de la lecture publique en Algérie.


RABAH KARECHE