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Culture / Culture

4e édition de l’exposition “Al-Tiba9” au Bardo

L’art comme transgression

L’œuvre “Niya, retour aux origines” de Hind Oufriha. ©D. R.

Cette exposition inscrite sous la thématique “Transgression” se poursuit jusqu’au 31 octobre. Elle réunit une douzaine d’artistes venus d’Italie, de Finlande, d’Allemagne et bien sûr d’Algérie.

Ils sont une douzaine d’artistes à exposer au Musée national du Bardo, exerçant dans différentes disciplines : peinture murale, photographie, installation et vidéo art… Réunis dans le cadre de la 4e édition de l’exposition “Al-Tiba9” organisée par le collectif Asswad, ces artistes d’Algérie, d’Italie, d’Allemagne, de Finlande où d’Espagne ont abordé divers sujets dans leurs œuvres, notamment la vie, la mort, la femme et l’amour.
Les organisateurs voulaient à travers cette manifestation, inscrite sous la thématique “Transgression”, “aborder une réflexion qui reste toujours difficile, car celle-ci est perçue négativement comme une destruction”, peut-on lire dans le communiqué de Mazia Djab, artiste et membre du collectif Asswad. Tout en ajoutant : “Pourtant, il serait plus juste de dire qu’enfreindre l’interdit est une déconstruction, mais surtout une réappropriation d’un réel qui paraît obsolète pour une reconstruction.” Pour le photographe, “ce désordre, ce chaos épisodique semble être nécessaire par son côté positif, mais convient surtout d’en chercher la signification, car la transgression permet certes l’accès à de nouvelles formes, à un nouvel ordre mais sans le ‘souci’ de son sens et de son caractère fondateur”.
Présente à cette exposition qui se tient jusqu’au 31 octobre, la plasticienne et galeriste Amel Benmohamed a présenté trois œuvres réalisées avec du drapé. À propos de cette technique, elle nous a expliqué que “le drapé englobe tout un ensemble de plis. Des plis qui véhiculent une information de mouvement, et je voulais le montrer dans cette expo, car c’est plus un regard personnel sur les étoffes”. Et de renchérir : “Tout en utilisant le toucher autant que la vue pour transmettre une certaine poésie, douceur, sensualité et souplesse.” À travers ces tableaux, l’artiste a pris en photo des compositions qu’elle trouve “intéressantes”. Elle a travaillé la matière, et ce, tout en respectant la superposition des formes, l’ombre et la lumière. Les réalisations d’Amel Benmohamed sont le résultat d'une “expression instinctive”, dans son travail, elle a essayé de montrer une attention “méticuleuse au moindre détail car il transmet une réponse intime, sensuelle et émotive”, est-il indiqué dans la présentation de ses œuvres.
Pour sa part, la photographe Hind Oufriha (également journaliste culturelle) expose avec deux fresques originales : la 1re, intitulée Niya, retour aux origines (3 m sur un 1m30), est un hymne à la femme où elle met en exergue “des corps de femmes. De nombreux corps de femmes nus, gorgés de couleurs, desquels surgissent des formes arrondies et d’autres floues”, a-t-elle indiqué. Tout en expliquant : “Il y va d’une vision d’un monde sensuel où la femme est maître de son corps dans un univers qui bannit les affres d’avilissement dont il fait souvent l’objet.” Pour Hind, l’objectif de cette œuvre est “avant tout de questionner ce regard contemporain porté sur la femme par la volonté de montrer le caché d’une manière esthétiquement décalée et voir les réactions suscitées”. Cette représentation “iconique de la femme anti Vénus de mélo” est pour casser le “mythe de la femme objet/sculpture figée dans le marbre. Elle est entité vivante qui vous observe. Ce sont ces couleurs éclatées comme autant de désordre ambiant qui prévaut dans l’humanité In/féconde”, a-t-elle précisé. Et de renchérir : “Ma démarche esthétique, combinée à un acte somme toute politique, entraîne une valeur de féminité assumée : je suis telle quelle, tu es telle quelle, sans travestissement, ni imitation d’un quelconque pays ou d’attache idéologique.” Le 2e tableau, intitulé Hab Chebab (acné), (1m sur 1m), est un ensemble de photos, prises lors du spectacle chorégraphique “La trochoïde” d’Ahmed Khemis, donné au mois de Ramadhan dernier. “J’ai choisi sciemment de prendre en fragments des hommes qui dansent, tournoient et gesticulent et les étaler sur le buste d’une femme, symbole de réconfort et de bien-être pour l’enfant mais de luxure pour d’autres”, a-t-elle informé. Et de conclure : “Mon titre Hab chebab fait référence à ces boutons qui fleurissent sur la peau à l’âge ingrat de l’individu. Et certains éternels adolescents.”  “Al-Tiba9” se poursuit jusqu’au 31 octobre au Bardo de 9h à 17h.

Hana Menasria


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