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Culture / Culture

exposition “Ni Rome ni vous” d’Oussama Tabti

L’art pour dire les travers de nos sociétés

Des tableaux contenant les couvertures de six magazines étrangers

À travers cette démarche artistique, le jeune artiste dénonce les problèmes auxquels se retrouve confrontée la jeunesse, entre manque de repères, système éducatif avilissant et un certain racisme qui ne dit pas son nom.

L’exposition “La Roma la n’touma” (Ni Rome ni vous), du jeune artiste Oussama Tabti, a été inaugurée le 25 février pour se poursuivre jusqu’au 3 mars, à La Baignoire (Alger), et à travers laquelle le plasticien explore toutes les failles des sociétés arabes mais aussi occidentales. Aussi, il propose aux visiteurs, par des œuvres très éclectiques, où l’on retrouve des installations vidéo et sonores, des fresques murales et même des éléments atypiques, comme un tableau triptyque accroché dans l’un des espaces de La Baignoire, de se poser des questions sur le rapport entre les cultures et les races : “Est-ce que le regard change lorsque le lieu change ?” Samir Toumi, auteur et directeur de cet espace, nous a reçu pour nous parler de cette exposition.
Pour lui, elle reflète les sentiments de l’artiste qui s’était rendu à l’étranger, espérant trouver une autre vision du monde, en vain. “La Roma la n’touma” est un détournement de la phrase “Roma wala n’touma”, nous a expliqué Toumi : “Elle correspond à la période où Oussama s’était rendu en France pour poursuivre ses études. Il s’est rendu compte, en côtoyant un autre environnement, que finalement sa vision du monde n’a pas évolué, avec ses tares, ses difficultés et ses injustices.” Et d’ajouter : “Il s’est rendu compte que toutes ses œuvres avaient encore une signification, il avait beau changer de lieu, ses messages restaient les même. Il a donc réuni ses travaux sous cette thématique.” À l’entrée, le visiteur est accueilli par des fresques murales. Avant d’accéder au premier espace, un petit texte sur Mohamed El-Badji et une installation sonore interpellent le visiteur. Et pour cause, un haut-parleur, perché sur une branche, diffuse un chant de chardonneret, cinq fois par jour, en référence au séjour carcéral d’El-Badji, qui avait l’habitude de faire l’appel à la prière depuis sa cellule.
Situé dans l’une des pièces de cet appartement du 19e siècle, le premier espace intitulé “Tête d’Arabe 1” donne à voir des tableaux contenant les couvertures de six magazines américains, anglais et français, parus entre 2011 et 2013, et dont le point commun est le printemps arabe qui a secoué la Tunisie, la Libye, l’Égypte et la Syrie. Dans le deuxième espace, l’artiste explique, à travers un petit texte collé à même la porte, comment, de son point de vue, la période coloniale est mieux représentée dans les manuels scolaires algériens, au détriment des périodes pré et post-coloniales. Trois écrans télé à tubes cathodiques, représentent chacun ces trois périodes, à la différence près que l’écran de la période coloniale est d’une dimension plus importante que les deux autres, et diffuse des images de la guerre de libération, tandis que les autres sont figés.
L’espace suivant, “The Amsterdam Treaty”, réalisé en 2013, décortique la politique migratoire européenne qui, selon Tabti, “porte sur cette politique élaborée pour décourager les immigrants et demandeurs d’asile, et la présence, dans plusieurs capitales européennes, de dispositifs utilisés contre la prolifération des pigeons (pics anti-pigeons), installés sur les toits des immeubles”.
Cette métaphore a ainsi amené l’artiste à accrocher les douze étoiles, faites avec du fer et surmontées de pics anti-pigeons, évoquant le danger, la douleur et même la mort. En somme, au-delà de la beauté et l’originalité de ses œuvres, l’artiste, avec sa touche poétique, nous invite à méditer sur les questions d’actualité, comme la migration, l’éducation, l’intolérance et la guerre.

Yasmine Azzouz


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