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Culture / Culture

Il revient sur scène après plus de 30 ans d’absence

Le chanteur Mennad déplore l’absence de management artistique

© D. R.

Après plus de trois décennies d’absence, le chanteur se produira ce samedi à Montréal à l’invitation de l’Association des amis de TQ5.

Le chanteur kabyle des années 1970 et 80, Mennad, renoue avec la scène artistique, après plus de trois décennies d’absence. Il se produira ce samedi à Montréal à l’invitation de l’Association des amis de TQ5. Celui qui a tutoyé les notes de musique très jeune au conservatoire de musique à Alger s’apprête donc à retrouver l’ambiance de la scène, lui qui n’en a pas fait beaucoup. Et pour cause, c’est la mort dans l’âme qu’il a décidé de passer à autre chose après sa “mésaventure” de 1985. À l’époque, comme les moyens de promotion des événements artistiques étaient limités, c’est lui-même qui, avec l’aide d’un copain, avait procédé à l’affichage des posters de son gala à la salle Atlas à Alger.

La veille de son concert, vers 3h du matin, il était en train de coller les affiches sur les murs de la fac de droit. Au moment de sa prestation sur scène, Mennad eut un malaise. Et parmi le public surgit un médecin qui voulait le prendre en charge. Cette anecdote a été racontée par l’artiste lors d’une conférence de presse à Montréal. “J’ai décidé d’arrêter la scène, cela ne valait pas la peine de continuer. La musique kabyle ne nourrit pas son homme”, soutient Mennad qui regrette l’absence de management artistique. “On n’a pas d’entrepreneurs de spectacles, des managers capables de s’occuper de la logistique, de la gestion humaine et financière”, déplore-t-il. Pour l’artiste, cette situation dure depuis l’émergence de la chanson kabyle moderne avec El Hasnaoui et Slimane Azem, un géant que Mennad a eu le privilège d’accompagner dans un enregistrement. C’était en 1982 au studio Chez Denis à Montmartre.

Natif de Michelet en 1954, Mennad, de son vrai nom Mohamed Ould Slimane, a entamé l’aventure artistique avec le groupe Imnayen qui n’a pas fait long feu, au milieu des années 1970. C’est durant cette même période charnière pour la chanson kabyle engagée qu’ont émergé nombre de groupes de la protest song, comme Inasliyen, les Abranis, Isulas, Yugurten, Afous, Imazighen Imula, alors que des individualités artistiques s’affirmaient avec brio et avaient comme noms Idir, Djamel Allam, Brahim Izri, Nordine Chenoud, Sofiane, Meziane Rachid, Medjahed Hamid, etc. Après l’enregistrement d’un 45 tour avec deux titres Imucagh (Toureg) et Tizimert tagrurt (l’agnelle), Mennad entame une carrière en solo en éditant deux albums : Amedyaz bumendayer en 1980 et Cebhent Tira en 1983.

La légende d’Aheddad Lqalus a été merveilleusement mise en musique par Mennad qui trouvera une source intarissable chez les poètes Amar Mezdad et Hadjira Oubachir. Aheddad Lqalus raconte l’histoire d’un forgeron qui cadenassa les portes d’un village, après qu’un membre de ce village eut épousé la femme du forgeron. Cette revanche permit aux ennemis du village d’y mettre le feu. Mennad avait suivi le cours de berbère donné par Mouloud Mammeri. Après des études en droit à Alger, il rejoint l’Inalco pour des cours de langue amazighe à Paris. Un beau prétexte pour laisser de côté sa guitare. 
 

Y. A. 


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