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A la une / Culture

Wassyla Tamzali à Montréal

“Le combat féministe reste à faire”

L’écrivaine Wassyla Tamzali. ©D. R.

Pourquoi le mouvement féministe semble emprisonné et enchaîné comme dans la caverne imagée de La République de Platon ? C’est à cette réflexion qu’a tenté d’apporter des éléments de réponse l’écrivaine et féministe Wassyla Tamzali, mercredi, au cours d’une conférence modérée par Rachida Azdouz et organisée dans le cadre du Festival du monde arabe (FMA). Pour l’avocate, le discours du féminisme religieux travaille à la remise en cause des fondements du féminisme universel et laïc, dont l’objectif était la libération de la femme. “Ce discours tordu veut aujourd’hui délégitimer la parole féministe. C’est une récupération du courant conservateur et islamiste du discours anticolonial, alors que ce sont les forces progressistes qui étaient à l’avant-garde du combat libérateur”, se révolte l’intervenante. Celle-ci assimile le féminisme islamiste à un “vrai formage”, en ce sens qu’il est soutenu par des fonds étrangers colossaux. “Le féminisme islamiste est né à Barcelone en 2004. C’est une opération menée par deux converties lors de la conférence islamique qui a réuni plus de 500 femmes”, révèle Mme Tamzali qui dit ne pas partager cette grille d’analyse qui veut associer le port du voile et la défense de la polygamie aux libertés individuelles. “Les féministes islamistes défendent la polygamie alors que celle-ci est contraire à l’égalité entre homme et femme”, fulmine-t-elle. Nuançant ses propos, la conférencière soutient qu’elle n’est pas contre le voile, mais plutôt contre le discours symbolique qu’on fait “porter” au voile. “On n’a pas le droit de dire que le voile est une liberté”, renchérit-elle. Des contre-exemples ne manquent pas : tout le monde connaît le cas de la jeune lycéenne Katia Bengana assassinée en 1997 à la fleur de l’âge par les terroristes islamistes pour avoir refusé de porter le voile. Le combat du féminisme algérien né dans les années 70 reste à mener. En cette période de postmodernité, Wassyla Tazmali paraphrase le philosophe français Jean-Paul Sartre pour soutenir que l’universel, cette idée en progrès, reste toujours à faire. L’ancienne directrice des droits des femmes à l’Unesco ne comprend pas cette fracture du mouvement féministe qui s’est révélée d’abord en Occident. Mme Tazmali reste attachée aux référents fondamentaux du féminisme en tant que construction sociale. C’est pourquoi elle réaffirme la nécessité d’articuler la pensée universelle avec le langage et la culture des gens qui nous écoutent. “Voilà la clé de l’émancipation des femmes”, suggère la conférencière qui plaide pour la libération effective de la femme si on veut prendre le train de l’aventure humaine. D’où la référence à l’allégorie de la Grotte de Platon enfermant ses occupants dans un leurre persistant.

De Montréal : Yahia Arkat


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