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Culture / Culture

Alors qu’il reste 20% à son achèvement

Le coup de main de Mihoubi au film “Ben M’hidi”

Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture. ©D. R.

Le ministre n’a pas manqué également d’évoquer les différents chantiers qu’il compte lancer pour relancer le cinéma.

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi vient d’apporter un soutien non négligeable au film Ben M’hidi de Bachir Derrais, à l’arrêt depuis sept mois en raison d’un manque de financement. Lors d’une conférence de presse animée hier au palais de la Culture à Alger, en compagnie du réalisateur, il a rassuré que son ministère allait fournir tous les moyens pour l’achèvement de ce film consacré à l’un des héros de la Révolution algérienne. “Ben M’hidi est un film sur la mémoire et il raconte le parcours d’un symbole de la guerre de Révolution. Il faut que la nouvelle génération ait un repère.  Ce film ne restera pas prisonnier de ces problèmes”, a-t-il rassuré. Et de renchérir : “En collaboration avec le ministère des Moudjahidine, nous allons fournir tous les moyens pour sa réalisation et sa sortie pour le 60e anniversaire de l’assassinat de Larbi Ben M’hidi.” Intervenant dans un contexte de rumeurs sur une prétendue politique d’austérité qui touchera également le cinéma, Azzedine Mihoubi a évoqué le plan de relance du 7e art, à travers plusieurs volets. Il a ainsi appelé de nouveau le secteur privé à investir dans les diverses manifestations culturelles (cinéma, arts plastiques, musique…), car “l’État ne peut pas tout financer, les privés doivent contribuer dans cette discipline”, a-t-il dit. À propos des subventions allouées aux films, il a précisé : “Nous ne financerons plus les films à 100%. Mais, nous remettrons seulement 10 à 15 millions de dinars, et l’argent restant devra être subventionné par les sponsors.”

Plan de relance du cinéma algérien
Autres chantiers : la formation, la subvention de jeunes réalisateurs et la restauration des salles de cinéma. Ce programme, concocté par le ministère, s’étendra sur deux années. Le 1er volet concerne la réhabilitation des structures culturelles. À cet effet, il a annoncé que l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), sera dissoute. “L’Aarc, c’est fini ! Elle sera fusionnée avec l’Office de Riadh El-Feth. Le CADC sera le seul à produire les œuvres cinématographiques. Le CADC sera le seul représentant du cinéma algérien.” Autres changements annoncés : le village des artistes de Zéralda sera intégré à l’Office national de la culture et de l’information (Onci) alors que l’Opéra d’Alger comprendra l’Orchestre symphonique national, le Ballet national et l’ensemble andalou. Concernant la réhabilitation des salles de cinéma, il a appelé les autorités locales à les  restituer au ministère. “Nous ne pouvons parler de production cinématographique en l’absence de salles ! Il faut que les APC remettent ces salles au ministère afin que nous puissions les restaurer et les mettre à disposition du public.” Outre la subvention de jeunes réalisateurs et la formation dans les différents métiers du cinéma, le représentant du gouvernement a annoncé que dorénavant toutes les manifestations culturelles seront payantes au public. “Il faut habituer les spectateurs à payer leur place.”

Le film “Ben M’hidi”, “une grande machine”
Pour sa part, le réalisateur et producteur, Bachir Derrais est revenu sur les péripéties qu’a connues son film en balayant d’un revers de la main les rumeurs sur un éventuel gel. “Ce film est une grande machine qui a commencé il y a cinq ans. Nous avons mis du temps pour sa réalisation à cause des différents changements de ministres, de directeurs d’institutions…et cela a retardé le tournage du film.” Et d’ajouter : “Nous avons commencé à tourner il y a une année, et nous avons rencontré beaucoup de soucis, notamment ceux liés aux infrastructures, à l’argent…Aujourd’hui, nous sommes à 80% du film.” D’ailleurs, le tournage à l’étranger est achevé, a-t-il indiqué. Il a précisé avoir tourné en Tunisie, où le décor correspondait à une bonne reconstitution de la ville de Biskra des années 30. Cette fiction sur le parcours de l’un des symboles de la Révolution algérienne, a réuni, dans son casting, un bon nombre d’acteurs, à l’exemple de Khaled Benaïssa et Idir Benaïbouche. “Nous essayons de faire un bon film sur la Révolution algérienne. Il est fait pour la nouvelle génération. En outre, dans quelques mois, nous célébrerons le 60e anniversaire de son assassinat.” Concernant le budget alloué pour Ben M’hidi, il a souligné avoir “financé le film avec un budget qui ne dépasse pas les 3 millions d’euros”. “J’ai fait appel aux sponsors. Ces sponsors ont payé cash”, a-t-il souligné tout en ajoutant que “la culture n’est pas seulement l’affaire du ministère !” “L’État ne peut pas tout gérer.” Dans le même ordre d’idées, il a aussi appelé les particuliers à mettre la main à la poche pour financer les activités culturelles. “Depuis l’indépendance, de nombreuses personnes se sont enrichies, alors, il est temps de mettre la main à la poche. L’État ne peut plus organiser tous les festivals et différentes manifestations culturelles.” Et de conclure : “Je trouve scandaleux que les 300 entreprises privées n’investissent pas dans le secteur culturel. Dans les moments de crise, la culture doit exister. Il faut investir dans ce domaine. La culture doit prendre plus de place dans les écoles et dans notre société.”
Par ailleurs, invité à prendre la parole, le producteur Belkacem Hadjadj a signalé dans le même sillage : “Quand un pays est en crise, c’est précisément le moment où la culture joue son rôle.” “La culture est la soudure entre le peuple et la société. Les gens du pouvoir doivent savoir qu’en faisant des économies dans les autres secteurs, ils doivent épargner la culture.”  

Hana Menasria


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