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Anissa Berkane, artiste peintre algérienne à Londres

“Le Dhikr Pictural est un message universel de tolérance”

L’artiste Anissa Berkane. ©Rihanna Amiour

Il faut dire que les œuvres d’Anissa Berkane ont pris naissance sous l’influence du grand plasticien algérien Rachid Koreichi, à la suite d’une exposition personnelle en 2000 à Alger.
Une orientation artistique vécue telle une révélation identitaire sur la Création et l’Être… Et qui aboutira au Dhikr Pictural.
L’exposition de l’artiste peintre Anissa Berkane a atterri dans la capitale cosmopolite du Royaume-Uni le 1er décembre 2017 – et jusqu’au 6 janvier 2018 – plus exactement au P21 Gallery qui se trouve à quelques mètres de la British Library (Londres). Une collection dénommée “Dhikr Pictural” qui, depuis sa création en 2015, voyage à travers le monde, passant de Téhéran (Iran) à Alger et même Berlin (Allemagne) avec ses deux premières œuvres en 2007. Car le Dhikr Pictural est l’aboutissement d’une réflexion de plus de 25 années de recherches et de questionnements. Elle a pris naissance avec Qaaba et Cinq, deux œuvres clés de l’exposition qui firent partie de l’exposition collective de Berlin (Allemagne).
Dix-neuf œuvres constituent le Dhikr Pictural. Un nombre pas anodin du tout, puisque les mathématiques et la science se joignent à l’art dans cette prestigieuse collection. D’ailleurs, au lendemain du vernissage, la critique d’art italienne Fortuna Calabro présenta une conférence intitulée “A love Story : Mathematics and Art” où elle fit une corrélation scientifique entre de grandes œuvres artistiques telles que Galatée aux sphères de Salvador Dali ou La Naissance de Vénus de Boticelli et l’utilisation des mathématiques en art. Le Nombre d’or, qui est aussi l’appellation d’une des œuvres d’Anissa Berkane dans cette collection exposée au Royaume-Uni, fut décortiqué à travers d’autres créations internationales. Suivra l’intervention du professeur physicien Ahmed Tchikou, venu d’Alger, qui expliqua l’influence de l’intelligence artificielle sur l’art, en se basant sur Shor – une autre toile clé de l’exposition – et le cerveau humain. “Quelle que soit la création, l’intelligence humaine ne pourra jamais être remplacée par l’intelligence artificielle. Il est indéniable que nous utilisions qu’un infime pourcentage du «brain» (cerveau) qui forme tout le génie”, a-t-il conclu.
Par ailleurs, une soirée poétique où les vers d’Ibn Arabi furent déclamés par Kim Richardson alias Shems fut tout aussi enrichissante et qui se clôtura avec la magnificience danse soufie d’un derviche tourneur au rythme des invocations à la gloire de Dieu. Un moment de plénitude dans la salle où les présents furent transportés. Il faut dire que les œuvres d’Anissa Berkane ont pris naissance sous l’influence du grand plasticien algérien Rachid Koreichi, à la suite d’une exposition personnelle en 2000 à Alger. Une orientation artistique vécue telle une révélation identitaire sur la Création et l’Être… Et qui aboutira au Dhikr Pictural. À noter la présence de nombreux visiteurs venus s’imprégner de cette collection ainsi que celle de l’attaché culturel de l’ambassade d’Algérie à Londres qui a tenu à marquer sa présence à cet événement prônant un rapprochement entre les religions et la tolérance envers autrui. L’exposition du Dhikr Pictural, sponsorisée entre autres par l’Onda, prendra fin en ce début d’année, soit le 6 janvier 2018. Souhaitons au Dhikr Pictural un autre envol sous d’autres cieux pour effacer les frontières et les murs de haine et de violence…

De notre collaboratrice spéciale de Londres : Rihanna Amiour